CINQUIEME SECTION
Permutation entre vibrantbs et plosives.
La vibrante et la plosive se rencontrent sur presque toute la surface du palais.
Nous avons d6jA observe cet ^change g^n^ral qui se fait dans les langues entre plosive, fricative, vibrante et nasale. Dans d'autres langues T^change est beaucoup plus restreint, c'est celui dont nous nous occupons ici.
L'echange peut se faire avec Vr ou 17.
a) ^change atec Vr
LV variant de place d un bout k Tautre de la langue et faisant face k tout le palais peut s'^changer P avec les gutturales, 2^ avec les palatales, S** avec les dentales, et parmi celles-ci surtout avec les c6r6brales.
L'^change de r a lieu dans un autre sens soit avec les direc- . tes, soit avec les chuint^es ou latdrales.
1" ^change de Vr atec les plosives directes.
Cet 6change a lieu entre r et k, g, entre r et ?, ^, entre r et
L'^change entre r et A, g est tr6s frequent dans le groupe des langues Esquimaudes ; il a lieu non directement, mais par rinterm6diaire de AA, x« Nous en reparlerons. Nous ne le con-
statons que dans Tint^rieur de la mdme langue, mais il a certainement lieu aussi de langue k langue. Nous avons ve\ev6 cette gamme spdciale dans la phon^tique statique. La gradation est k, rky r ; elle est descendante.
La transition est si bien marquee que le son unique rk existe en groenlandais et esl mixte entre les deux. La racine de la langue se rapproche d*ailleurs tellement du palais qu*on rencontre Ik Yr fortement grassey6 qui se traduit par rh et qui fait entrer en vibration la luette et la palaltmi moUe. Les langues Celtiques pr^sentent aussi Yrh.
Il est probable que la transition entre IV et le k se fait par le r non sonore.
Cette ressemblance entre IV avec prononciation aspir^e et le A, le Xi se manifeste dans les langues Malaises ; aussi IV devientil en Battak d'abord /, puis dans d'autres langues g etk. Ex. Malais : telor, oeuf, tagala itlog ; malais bibir, l^vre, tag. bibig.
L'^change entre r et les chuintantes palatales r et 1 se fait surtout par IV palatal ou r. Kf- ^sl\s ici c*est surtout de IV qu'on passe a Ir. Le son r est tr6s frequent en Tcheque.
L'6change entre r et les dentales plosives est plus remarquable, il a lieu au point des dentales c6r^brales.
Il ne faut pas confondre ce changement special avec la latU" verschiebung g^n^rale entre plosive* fricative, vibrante et nasale, dans laquelle cette permutation rentre lorsque telle langue poss^de la lautverschiebung plus comprehensive plus haut d^crite.
Dans celle plus restreinte que nous observons en ce moment^ la transition est au point c^r^bral et non ailleurs, on plutdt c*est la transition meme entre d et r qui constitue la c^r^bralc t, d.
C'est ce qui a lieu en Sanscrit, oiir -^-d = d c^r^bral. Ex. duddiy impie = dur-dds ; danda, b^ton = dtvdpov. C'est ainsi que le Sanscrit a acquis la c^r^brale. Il est vrai qu*on a souvent attribu6 cette acquisition k Tinfluence des langues Dravidiennes voisines ; mais ce dernier point est loin d*4tre certain.
Est-ce alors le d qui devient r, ou IV qui devient dICe n'est ni Tun ni Tautre. LVjet le d ont fait chacun la moiti^ du chemin.
II faut rapprocher de IVcf, dr c6rebral le son unique ir du Malgache qui est form^ par cette combinaison, mais exprime graphiquement les deux elements. Nous ferons un peu plus loin la mSme observation pour le tl du Nahuatl.
Si les c^r^brales Sanscrites n'avaient dtl leur naissance qnk Taction d'un r sur un d voisin, nous ne devrions pas en parler ici, mais k c6t6 existent les c^r^brales Dravidiennes, qui sont n6es spontan6ment et sans cette action m^canique.
Nous avons remarqu^ ailleurs I'afBnit^ et la permutation entre r et t. Dans cette permutation Moment c^r^bral n'est plus en jeu .
Une autre mutation se fait aussi de d s, r, mais sporadiquement. On la constate dans le latin meridies pour medidies (ici rinstinct de dissimilation a 6i6 un adjuvant) dans arbiter pour adbiter, dans arguere pour adguere.
2^ Echange de Vr avec les plosives latirales.
Soit avec c et g, /, ^. Cette mutation est plus rare et nous venous de Tentrevoir. EUe se fait par I'enterm^diaire de r, r^.
b) ^change avec I' I.
L*^change de VI se fait aussi soit avec la plosive directe soit avec la vibrante latdrale.
P ilchange de VI avec la plosive directe.
Ici le point c^rdbral ne sera plus en jeu aussi fr^quemment. Cependant on le retrouve encore. En effet 17 pent parcourir tons les points de la bouche et arriver au point c^r^bral. On peut citer le Sanscrit idai, j'invoque, par le vddique ilai.
Nous avons vu combien la permutation de d et d7 est frdquente, en particulier dans les langues Malaisiennes ; malais dima^ cinq, Malagassi dimi ; malais darah, sang , Makassar rara ; daun^ feuille, raun ; labu battak : dabu. Mais cette laiUverchiebung fait partie d'une plus compr^^hensive que vous avons d6j& d^crite.
Le Nahuatl poss^de un son special pour ce passage, c'est le tl qui n'est double que graphiquement et qui exprime Tunion intime entre la plosive dentale et la vibrante latdrale.
D*un autre c6t6, nous avons vu combien cette mutation 6tait fr^quente dans Tint^rieur d'une m6me langue sous Tinfluence d'un autre phoneme voisin present ou disparu, par exemple dans la langue Poul.
Mais la latdverschiebung a lieu aussi d'une langue A Tautre entre le d et 17 sans influence d'autre phoneme, c'est ce qu'on constate un peu partout sporadiquement : darip vis k vis de levir^ 5axpu, centre lacrima ; o^lkjgteu^ centre Ulysses.
Dans cet ^change c est I qui apparatt le dernier. C'est conforme au principe de moindre effort et a notre classement des phonemes.
2° Echange de VI avec la plosive laterale.
C*est ce qui a lieu par I'intermSdiaire de Zi, J, II mouill^. Get effet se manifeste par la graphie gl de Tltalien. Seulement le mouillement de 17 s eleve rarement a un chuintement caract6ris6.