SIXIEME SECTION
Permutation entre vibrantes et fricatives.
II faut reprendre ici la meme division : P permutation de de IV, 2® permutation de Ys.
a) Echange avec Vr.
L> s'^changesoitavecla fricative directe, soit avec la laterale.
1° Echange de tr avec la fricative directe,
L> pent s'^changer aux divers points de la bouche, le point v(5laire, le point palatal, le point dental. L'^change au point palatal rentre dans Techange avec la laterale ; nous Tomettons
L'^change au point v^laire se remarque en Esquimau ; nou$ Tavons d^j4 observe. C'est le passage de r a k par r^, rk.
Cet r sp6cial qu on pent comparer au rh Arabe existe aussi en Celtique oii il se note ^galement rh.
II faut en rapprocher aussi I'p grec avec Tesprit rude.
L'^change au point dental est on ne pent plus int^ressant. C'est celui entre r et s, ou plus exactement d*^ a r, autreraent dit le rhotacisme.
Le rhotacisme dans les langues Indo-Europ6ennes existe surtout en Latin. Mais avant de le d^crire dans ces langues,
remarquons que dans I'Osque il a son signe special : rs, double graphiquement, mais n'exprimant qu'un son.
II faut comparer sous ce rapport IV5 Ombrien, le tl Nahuatl, le tr Malgache.
Voici le d^veloppement du rhotacisme, ce ph^noneme singulier.
Tout d'abord cependant notons qu'il est normal, en ce sens qu'il est conforme au principe du moindre eiFort, lorsqu'on passe d'^ k r, de la fricative a la vibrante.
Le rhotacisme en Latin se formule ainsi : lorsque 1'^ se trouve entre deux voyelles, position qui le convertirait d ordinaire en z, il se convertit en r ; genus ^ g6n. generis centre yzveaoq ; nicrus p. nujus ; auris p. auzis. On avait consid^rd autrefois les formes du verbe passif comme des exemples de rhotacisme, mais cette opinion est aujourd'hui abandonn6e.
Nous avons d^ja signals dans le dialecte Tzaconien des casde
rhotacisme cpopoyvrep efxpte pour (pepoyvre; ecptsy ; rap ayitp'/i pOUr t>j5
>j|xepa5. Le Laconien en fournit aussi des traces : rap TroXu^op^wp pour TT); T:oXv)(opdiai ; T«p ve«p pour rovi; veou^. Mais cela fait partie d'un systeme plus vaste de lautverschiebung .
2° Echange de Vr avec la fricative laterale,
L'dchange de IV avec le s, ^, est moins frequent, nous Tavons d^ja ddcrit ; il a lieu par I'intermediaire de rzy r, di.
II a lieu du georgien r au Laze et au Mingr^lien s : taureau, xodsi, xosi-
b) Echange avec tl.
Nous ferons pour I'^change avec la fricative latdrale la m6me observation que tout a I'heure ; nous ne nous occuperons que de Ja permutation avec 8, s, x» ^•
Cette permutation n'a pas lieu, 17 ne s'dchange qu'avec les plosives, avec le d surtout, et d'autre c6t6 avec la voyelle. Le point d'appui que ce phoneme prend sur le palais pour sa phonation le met en rapport direct avec les plosives.
SEPTlfiME SECTION.
Permutation bntrb les nasalbs.
La permutation est ici encore, en g^n^ral, descendante : n, ng, la plus forte, devient n dental ; In devient n ou n ; Yn devientenfinm, maisiciune reaction se produit : m devient plus sou vent n. C'est que Vn est la plus fr^quente des nasales et par la force de Tanalogie tend a absorber les autres.
Vm final de I'accusatif se change r^guliSrement en n en
grec : >3/xepa-v ; xupto-v.
L'm latin devient souvent n en frangais : mappa^ nappe ; mattay natte.
Le n, ng guttural se change en latin en n ; natiLS = gnattis ; noscere = gnoscere ; il se change aussi en n mouill^ palatal : agnuLS^ agneau ; ici la descente est plus mod^r^e.
L'n se change en n palatal dans le passage du latin k I'espagnol : ano — anno, il y a done renforcement, mais peut-6tre ici le renforcement est-il la compensation du redoublement efface, ph^nom^ne que nous avons d6j^ observ6 en Celtique.
L n latin devient n en frangais sous Tempire de la loi du moindre effort dans carpinus = charme.