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Cette méthode reposait en grande partie sur l’intelhgence et l'éducation des mères, auxquelles on avait cherché à faire comprendre que le plus sûr moyen d'éviter le sé- Jour des contagieux dans la salle d'attente était d’avertir dès leur arrivée et dans l'intérêt même de leur enfant, si ce dernier présentait quelque chose d’anormal. Elle pouvait se trouver quelquefois en défaut, soit par ignorance, soit par négligence ou même mauvaise volonté de la part des mères. Au mois de mars 1900 il survint, en effet, une épidémie intérieure de rougeole ayant pour foyer d'origine un petit malade à la période pré-érupüve de la maladie, amené à la consultation pour une conjonctivite pusluleuse, mais dont le frère, resté à la maison, était en pleine éruption rubéolique. La mère s'était bien gardée de donner ces renseignements, que le D' Bresset n’obüint que plus tard d’un de ses confrères, le D" Joly, médecin du Bureau de bienfaisance, qui avait été appelé dans cette maison où existait depuis un mois un foyer de rougeole. L'enfant en question - était resté dans la salle d'attente commune jusqu'à l’appel de son numéro. Dans la quinzaine, sur 45 enfants amenés à la consultation en même temps que ce malade, 8 furent atteints de rougeole (soit 18,6 p. 100), 22 dont 2 ayant déjà eu la rougeole restèrent indemnes, les 10 autres n'ont pas été revus.
Ainsi la sélection, telle qu'elle était pratiquée, avec la collaboration d’une surveillante et des parents, pouvait dans certains cas être insuffisante.
En outre, par suite de l'accroissement du nombre des
consultations, il devint difficile d'éviter l'encombrement dans la salle d’attente ; d'autre part, l'agglomération pen-
dant 1 ou 2? heures de 50 à 60 enfants avec leurs parents, dans une pièce, même bien aménagée mais ne cubant guère que 200 mètres, ne paraissait pas en conformité avec les principes d’une bonne hygiène. Une première réforme, facile à réaliser, s'imposait .
La salle d’attente continua à rester ouverte de 1 heure à 2, mais tous les enfants qui, pour une cause quelconque (pansements, injections hypodermiques, pesées hebdomadaires) étaient amenés régulièrement et fréquemment, ne devaient arriver au Dispensaire que de 3 h. 1/2 à 4 heures, c’est-à-dire au moment où la plus grande partie, sinon la totalité des premiers consultants avait déjà quitté le Dispensaire. Ce dédoublement de la consultation rendait, de plus, de grands services aux parents-en leur évitant une attente souvent fort longue (1). |
Après avoir fonclionné sans accident pendant {rois ans, cette méthode ne parvint pas à empêcher le dévelop-
pement de trois épidémies de rougeole (mars et avril 1904, janvier 1905) survenues exactement de la même
façon que celle rapportée plus haut.
L'isolement absolü étant encore plus irréalisable dans une consultation que dans une salle d'hôpitai, 1l s'agissait d'appliquer un système, qui, tout en isolant à peu près complètement les familles [es unes des autres, n'aurait pas les allures brutales du régime cellulaire.
Pour y parvenir, il fut décidé, à la fin de l’année 1905, que la consultation médicale commencerait au moment même où la porte de la salle d'attente serait ouverte aux consultants, et que cette porte, serait laissée ouverte pendant 1 heure'et demie au lieu de 1 heure.
(1) Fonclionnèment du Dispensaire, année 1902, p. 10, G. Steinheil.
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De plus, à partir de cette époque, une infirmière resta en permanence dans la salle d'attente. Elle inscrit l'enfant sur le registre, dès son arrivée, l'examine, avertit immédiatement le médecin s’il présente quelque chose d'anormal, sinon elle indique à la mère la place qu'elle devra occuper sur l’un des banes de la salle d’attente; - elle l'invite en même temps, dans l'intérêt de son enfant, à ne pas quitter cette place pour empêcher que celui-ci ne soit contaminé par un autre.
À prior, on objectera à ce système l'impossibilité d'obtenir des mères et des enfants une obéissance aussi rigoureuse. Cette objection aurait une grande valeur si l'attente devait se prolonger outre mesure, mais pendant notre séjour au Dispensaire, nous avons minuté très soigneusement le temps que passe chaque mère de famille dans celte salle. Dans 90 ‘/, des cas, la durée de l'attente est de dix, quinze ou vingt minutes, excepüonnellement nous l'avons vu se prolonger trois quarts d'heure.
La salle d'attente, très spacieuse, permet d'y faire asseoir 36 consultants, sans qu'il # ait entre eux le moindre contact, et comme le nombre des enfants amenés à la consultation est en moyenne de #5 et ne dépasse jamais 60, et que, d'autre part, ces consultants arrivent en général les uns après les autres pendant 1 heure et demie, nous n'en avons Jamais compté plus de 12 à 18 au maximum, présents en même temps dans
la salle d'attente.
À partir du moment où l'enfant quitte la salle d'attente, il n’a plus à craindre aucune contagion. Dans la salle de déshabillage, 1 aura un tabouret et un porte-manteau individueis, en fer galvanisé, isolés de ceux de ses voisins ; de plus, il y sera surveillé par une
autre infirmière, aussi rigoureusement que dans la salle d'attente.
Passant ensuite, complètement déshabillé, dans la salle de consultation, il y est pesé sur une balance dans un lange inäividuel en papier, et placé, dans les mêmes conditions, sur un lit d'examen.
Toutes ces précautions étant prises, il n’est guère probable qu'il puisse sortir de ces salles avec le germe d'une maladie contagieuse.
Si, au contraire, il présente quoique ce soit de suspect, son porte-manteau et son tabouret individuels sont immédiatement retirés de la salle de déshabillage, placés dans un angle écarté de la salle de consultation, très vaste (45 mètres carrés), et là, sa mère est invitée à le rhabiller rapidement, puis à l'emmener chez elle en quittant le Dispensaire par une sortie spéciale.
Telles sont les mesures de prophylaxie mises en praüique depuis la fin de l'année 1905 au Dispensaire de la rue Oudinot.
Quels en ont été les résultats? Maumené (1), dans sa thèse, rapporte qu’en 1905 on eut encore à déplorer une première fois 6, une seconde fois 3 cas de contagion de rougeole. Mais tous ces malades furent contagionnés par deux-enfants amenés à la période pré-éruptive et qui
sortirent de la salle de consultation et se mêlèrent aux
autres enfants à la sortie sans que le diagnostic de rougeole ait été porté. Ce n'est donc pas l'isolement qui a élé en défaut, mais la sagacité du médecin. Depuis cette
époque, en 1907 et en 1908, 21 cas de rougeole à la
période d'invasion et d’éruplion furent diagnostiqués après leur passage dans la salle d'attente, et malgré toutes les recherches effectuées au moment même, 1l
(4) Mavuené. Le Dispensaire de la Caisse des Ecoles du VIIe arrondissement. Statistique de 48 années (1888-190h). Th. de Paris, 1906, p. 15, G. Steinheil,
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n'a été possible de trouver que 2 cas de contagion intérieure (1).
Nous n'avons observé (toujours depuis la fin de l'année 1905) ni coqueluches, ni scarlatines, ni diphtéries contractées au Dispensaire et le fait nous semble d'autant plus intéressant que depuis un an, rougeole, scarlatine et coqueluche sont en recrudescence notable dans tous les quartiers de Paris {voir p. 12 les décès à Paris depuis :5 ans pour ces maladies). On voit que c'est surtout grâce à l'isolement et à l'antisepsie que la prophylaxie des maladies contagieuses a pu étre complètement réalisée en ce qui concerne la coqueluche, la scarlatine et la diphtérie, à peu près complètement pour la rougeole. Pour cette dernière, en effet, la prophylaxie présente de sérieuses difficultés puisque « la contagion
« rubéolique s'exerce surtout à la période pré-éruptive « de l'invasion, sans qu'aucun signe permette alors le « plus souvent de faire le diagnostic de rougeole (1) et que, « d'autre part, comme le dit Lesourd dans une des conclusions de sa thèse : « La désinfection comme « moyen de prophylaxie contre cette maladie n’a pas « d'action parce qu'elle est trop tardive » (2).
On nous fera remarquer certainement que cet isolement que nous venons de décrire, est une barrière bien
(1) Lorsqu'une rougeole est diagnostiquée au Dispensaire, l'habitude est de rechercher sur le registre d'inscription quels sont les enfants qui se sont trouvés le même jour à la consultation, et de faire dans la quinzaine qui suit une enquête sur leur état de santé. La chose est extrêmement facile, étant donné que les neuf dixièmes des families qui fréquentent le Dispensaire ÿ - sont connues depuis de longues années.
(2) Lesocro. Contribulion à l'étude de la contagion de la rougeole. Thèse de Paris, 1900, p. 74.
Pt £ ARS: sk Se Ë EP fragile et qu DT suffit d'un nome, Lie a pou compromellre tout ce sy stème. Nous répondrons, Ses $ point n’est besoin de barrières ni de cloisons É - réaliser l'isolement, et, nous appuyant sur J'autorit = Pr Grancher nous ajouterons : «avec l'antisepsie, l'isc « ment du malade même imparfait donne des résultats s « excellents; sans l'antisepsie, l'isolement, fut-1l indivi-
« duel et cellulaire, n 'arrêtera pas la FOR » (1): |
(g)) GRANCHER. AI Congrès international de QUPERRE, (Section de Médecin de l'Enfance), 1900, p. 480.
CHAPTFRE: TITI
Quelques mots sur les différentes maladies contagieuses observées au Dispensaire.
Du 1‘ janvier 1900 au 1* juillet 1908, c'est-à-dire depuis 8 ans 1/2, il a été donné au Dispensaire de la rue Oudinot, 36,963 consultations, et pendant cette même période de temps, 785 enfants atteints de maladies contagieuses ont pénétré dans la salle d'attente de cet établissement.
Le tableau suivant (Voy. 32) montre, par ordre de fréquence, la part qui revient à la coqueluche, la rougeole, la varicelle, la scarlatine et la diphtérie, dans le total de ces affections. |
Nous étudierons successivement ces différentes maladies contagieuses dans l’ordre adopté par la nomenclature de la statistique internationale, qui est le suivant : ns FEvVarioles n,0-rouvecle, n#1.-scarlatiné n92% coqueluche, n° 9: diphtérie, n° 18 : érysipèle, n° 19 : oreillons, rubéole, varicelle.
Variole. — Un seul et unique cas a été observé en 1900.
La variole, n'ayant heureusement jamais cessé d’être très peu répandue à Paris, depuis de nombreuses années, cette rareté ne doit pas nous surprendre.
D'autre part, si l’on se reporte aux données classiques sur le mode de contagion de cette maladie, il doit être
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