TABLEAU
par année des Maladies contagieuses observées au Dispensaire de la rue Oudinot. ;
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tout à fait exceptionnel qu'une épidémie de variole éclate parmi les enfants ayant séjourné dans une salle d'attente.
On sait, en effet, que des cinq périodes: d'incubation,
d'invasion, d'érupüon, de sappuration et de desquamation | par lesquelles passe successivement la variole, la première ne présente aucun danger au point de vue de la contagion. Si l'on a observé quelques rares cas de transmission à la période d'invasion, surtout dans les varioles hémorrhagiques, les périodes les plus à craindre n’en restent pas moins, d’après tous les auteurs, celles de la suppuralion et de la desquamation. À ces périodes de la maladie 1l est impossible que la sélection, même la plus imparfaite, ne reconnaisse pas l'allure suspecte de l'enfant et ne s’empresse de l’isoler.
À ce propos, M. le Prof' Roger rapporte (1) une observation qui montre qu'il faut compter davantage sur le coup d'œil d'une personne habituée à voir des varioleux que sur le diagnostic d’un homme de l’art.
« Un malade, atteint de variole, fait venir un médecin qui ne « pose pas de diagnostic précis et conseille simplement le change- « ment d'air. Notre homme se rend chez des parents habitant dans la « banlieue ; il voyage en tramway, arrive dans le village, où il se « trouve en contact avec une série d'amis. Le lendemain, c'était « un dimanche, on recoit du monde à diner et tous les invités « regardent et touchent les boutons de chaleur dont notre homme « est atteint. Cependant, le lundi, le malade se sentant plus souf- « frant, fait appeler le médecin du pays. Celui-ci, qui n'avait « jamais vu de variole, pense à une affection cutanée bizarre, et conseille simplement une pommade à l’oxyde de zinc. Le mer-
(4) G.-H. RoGer. Les maladies infectieuses, p. T1. Paris, 1902, Masson et Ci- DE LE VALLÉE. 3,
LADA
& eredi, notre homme se sentant décidément plus mal, revient à
« Paris; il reprend le tramway, l’omnibus, rentre chez lui et |
« appelle un médecin qui lui conseille des bains d’amidon fré- « quemment répétés. Pour mieux suivre le nouveau traitement, le « malade se décide à entrer à la maison Dubois. Mais, comme on « l'avait regardé avec un certain dégoût dans le tramway qui, la « veille, l'avait ramené à Paris, il fait demander une ‘ambulance « urbaine. Celle-ci arrive et, dès que la surveillante voit le malade, « elle reconnait sans hésiter la variole et conduit l'individu dans « notre service ».
D'autre part, l’immunité conférée par la vaccine étant de cinq à dix années, si lous les enfants amenés aux consultations ont été vaccinés, ils ne doivent courir aucun risque.
Ce fut jusqu'à l'an dernier l'opinion du D" Bresset, mais au mois de mars 1907, à la suite d'une enquête faite par MM. Détré et Crémieu (1), pour rechercher si, comme le prescrit la loi du 15 février 1902 (2), tous les enfants qui se présentaient avaient été vaccinés, il fut reconnu que 150 seulement sur 200, portaient des cicatrices vaccinales, que par contre 29 n'avaient Jamais été
vaccinés el que 21 autres avaient été inoculés sans |
sucès.
A, Dérré et Crémiev. Enquête sur la vaccination chez les enfants (statistique recueillie au Dispensaire de la Caisse des Ecoles du vir arrondissement). Revue pratique d'obstétrique et de pœdialrie, avril 1907.
(2) La loi du 15 février 1902 porte que la vaccination anti-variolique est
obligatoire au cours de la première année de la vie, ainsi que la revaccination F
au cours de la 41° et de la 21° année. Les parents et tuteurs sont tenus personnellement et sous peine d'amende de l’exécution de cette mesure. Dans le cas d’insuccès, ajoute le règlement d'administration publique, la vaccination doit être renouvelée une deuxième et au besoin une (roisième fois, le plus Lot possible,
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