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En fait, le quart des enfants amenés à la consultation n'élait pas effectivement vacciné, et, comme le faisaient justement remarquer Détré et Crémieu, couraient le risque d'être contagionnés si un varioleux s'était glissé parmi eux.
Et ces auteurs ajoutaient : « Ainsi ce n'est plus seu- « lement avec la rougeole et la coqueluche, la scarlatine « et la diphtérie que doivent compter ceux qui ont la «-charge d’une agglomération d'enfants (Dispensaire ou « Consultation de nourrissons) : mais encore avec la « variole qu'on a tendance à oublier, parce qu'en théorie « — en théorie seulement — la vaccination devrait avoir « supprimé ce danger.
« Heureusement la prophylaxie est simple. Il suffira « d'examiner tous les enfants à leur entrée et de vacciner « régulièrément tous ceux qui ne l'ont pas été. C’est ce « qui est fait maintenant au Dispensaire de la rue Oudinot, « où, jusqu'ici le docteur Bresset, qui dirige ce Dispen- « saire, se contentait d'une séance mensuelle de vaccina- « tion, s en remettant pour le reste aux services officiels. »
Rougeole — Nous avons relevé sur les fiches individuelles, 201 cas de rougeole, mais 1c1 une division s'impose suivant que les enfants porteurs de cette affection contagieuse ont été amenés à des périodes différentes de la maladie. ;
Pour tous les auteurs, en effet, la rougeole n'est pas contagieuse à la période d’incubation dont la durée est de huit à neuf jours. (Béclère) (1), (Sevestre)(2),mais peut
(1) BécLère. De la contagion de la rougeole. Th. de Paris 1882. * (2) Sevesrre. Revue des maiadies de l'enfance, 1886.
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être plus longue chez les très jeunes enfants (Bard) (1).
Il est généralement admis que c’est dès au début de la période d’invasion que la contagion est le plus à redouter et que le danger reste grand pendant les premiers jours de l'éruption, (Sevestre) (2) (Bard) qui se manifeste treize ou quatorze jours après que l'individu a été contaminé.
Enfin, dans la période de desquamation, le rougeoleux, sauf dé rares exceptions, n’est plus dangereux”"pour ceux qui l'entourent.
Grancher (3), a montré que ce n’est pas par l'air expiré que se propage la maladie, comme l'avait d'abord eru Sevestre, (#4) et que si l’air doit être incriminé, c'est parce qu'il a été souillé par des mucosités nasales ou bronchiques desséchées. :
Le plus souvent et surtout Jorsqu 1l s'agit de réunions d'enfants, la maladie est transmise par contact direct. Quant à la contagion indirecte, elle s’observe surtout dans les hôpitaux (Grancher) (5).
De ces nolions suecinctes, 1l résuite que la rougeole est surtout contagieuse à la période pré-éruptive. C'est préeisément la raison pour laquelle la contagion s'exerce si facilement. Dans certains cas, en effet, l'invasion de la rougeole est insidieuse, le catarrhe oculo-nasal est fruste où même absent, la fièvre passe inaperçue ; cr quelques jours plus tard apparaît l'éruption et qu’on se hâte d'isoler l'enfant, il est trop tard.
(1) Banv. Epidémiologie de la rougeole. Rev. d'hyg., 1891. (2) Sevesrre. Bullelins de la Soc. Méd. des H6p., 1889. (3) GRaNcuer. 1bid.
(4) Sevesrre. Ibid.
(5) GRancHEer. 1bid,
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I n’est done pas étonnant que, dans ces conditions, nous ayons observé quelques contaminations dans la salle d'attente du Dispensaire. Et en effet, bien que la proportion des enfants amenés à la période d’invasion de la maladie n'atteigne guère plus du dixième des rougeoleux observés, toutes les épidémies que nous avons observées (Voy. p. 25) sont imputables à une de ces rougeoles non dépistées à la période pré-éruptive.
La contagion s'est exercée dans la proportion respective de 18 °/,, 22 0/4 et 33 °/, dédùction faite des enfants ayant déjà eu la rougeole.
En 1906, en 1907, et jusqu'au 1” juillet 1908, nous n'avons observé que deux rougeoles contractées dans la salle d'attente, l'une à la consultation du 18 juin 1907 ; l’autre à celle du 18 avril 1908. Nous avons vu précédemment (p. 28), en étudiant les mesures prophylacti ques actuellement en usage au Dispensaire, la cause de cette disparition presque totale des cas de contagion.
Scarlatine. — Sur les 58 cas de scarlatine que nous avons relevés, deux seulement furent amenés au Dispensaire à la période d’invasion, 29 à la période d’éruption et 27 à la période de desquamation.
Or, pendant longtemps il fut admis que la scarlatine était surtout contagieuse à la période de desquamation. Cependant pour Girard, Cadet de Gassicourt, Bohn, Sevestre (1), la contagion s’observe pendant la période d’éruption et d’après Lemoine (2) pendant l'invasion.
(4) Louis Guinox. Tr. de Médecine de Cnarcor et Boucnarp. Art. Scarlatine,
t. II, p. #1.
(2) Lemore. (G: H.) Contagiosité de la scarlatine. Bullelins el Mémoires de la
Soc. Méd. des Hôp. 1895.
Pour ces auteurs, le conlage est vraisemblablement transporté par les mucosités de la gorge et de la bouche. Les squames ne joueraient done qu'un rôle secondaire et si elles sont conlagieuses c'est parce qu'elles ont été souilées par la salive du malade. (A. Bergé) (1).
Enfin, on a signalé quelques cas où la contagion semblait s'être exercée après toute desquamation. Cela tiendrait à la persistance prolongée du contage dans le rhinopharynx des convalescents (Borel) [2), surtout chez ceux qui sont porteurs de grosses amygdales ou de végétauons adénoïdes (Barlow) (3).
Quoi qu'il en soit, c’est par contact direct où par contagion indirecte que se lransmet presque toujours la maladie, et malgré le nombre relativement considérable des malades venus à la période d’éruption et de desquamation, jamais 1l n'a été donné d'observer au Dispensaire aucune épidémie de scarlatine.
Coqueluche. — C'est de beaucoup la plus fréquente des maladies contagieuses que nous ayons rencontrées au Dispensaire : elle compte en effet dans notre statistique pour 552 cas.
Une statistique de 380 cas de coqueluche avait été dressée au même Dispensaire, pour la période 1897-1903 par le D'G. Deschamps. Ce travail « sur le Pronostic de
(1) A. Bencé, Palhogénie de la scarlatine. Th. de Paris, 1895.
(2) Boner. Sur la durée de la contagiosivé de la scarlatine. Th. de Paris, 1897.
(3) BauLow, An analysis of 832 cases of Scarlet Fever. « The Pratilioner », 1907
(4) Descuaurs. Sur le pronostic de la coqueluche. Statistique du Dispensaire de la Caisse des Ecoles du VIE arrondissement, Th. de Paris, 1904, p. 40, G, Steinhoil, édit.
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