‹ Essai de propositions et d'observations pharmaceutiquesChapitre 2 sur 11 · IV. Poudre de limaille de fer . fer pur étant un · texte numérisé non relu

IV. Poudre de limaille de fer . fer pur étant un

métal très-diflicilemcrit pülvérisablc, ne pourrait-on pas

lui substituer l’acier trempé, qui se pulvérise sans trop de difficultés? Les quelques millièmes de charbon qu’il contient ne me paraissent pas constituer un empêchement à cette substitution.

V, Sucs acides (clarification), — A l’inconvénient que les sucs de pommes, de coings, ofirent de se troubler de nouveau après plusieurs filtrations successives , quand on les clarifie par les amandes, il faut en joindre deux autres ; le premier, c’est de faire perdre à ces sucs la couleur qui leur est propre ; et le second, c’est de leur communiquer une saveur prussique, attendu qu’il est très-difficile de rencontrer des amandes douces entièrement exemptes d’amandes amères, et qu’il suffit de la présence d’une seule de ces semences pour communiquer cette saveur à une grande quantité de suc.

VI. Loocli blanc. — L’expérience m’a depuis longtemps appris qu’il est préférable de battre l’huile d’amandes douces, qui fait partie du loocb du Codex, avec les amandes, au lieu de l’ajouter au mucilage, comme le recommandent les auteurs. On obtient ainsi une émulsion très-bien liée, et qui, après l’addition de la gomme adragante, donne un médicament de la plus grande blancheur.

Vil. Teintures alcooliques.—^hes teintures alcooliques constituent un genre de médicaments , utiles sans doute, mais qui dans plusieurs cas seraient avantageusement remplacés par les alcoolatures. Il est même des plantes qui, employées sèches, donnent des teintures qui n’ont d’autre action que celle d’une liqueur hydro-alcoolique simple, telles sont les renonculacées, tandis que ces mêmes végétaux, pris dans l’état de fraîcheur, fournissent des alcoolaturcs d’une très-grande énergie, et qu’il convient d’employer avec circonspection.

Le Codex a réduit, comme on le sait, à trois les degrés de l’alcool qui doit servir à la préparation des teintures. Cette manière d’agir me paraît assez arlntraire, car il y a tout lieu dépenser que, si des expériences avaient été Lûtes à ce sujet , on se serait sans doute convaincu qu’il y a trop loin de 22 à 82 degrés , et que la nature de telle ou telle substance aurait réclamé un degré intermédiaire. Mais en supposant qu’on s’en tienne toujours seulement à ces trois degrés d’alcool dans la préparation des teintures , il conviendrait au moins de reviser leur classiücalion , attendu qu’il est des substances faisant partie des teintures à 22° qui me sembleraient mieux placées parmi celles préparées avec de l’alcool à 82°, et i^ice versâ. Je trouve, par exemple , le jalap et le gay.ac , substances éminemment résineuses, parmi les teintures à 22°, et la digitale et l’aloës parmi celles h 82°. Je laisse auxpraticiens le droit de décider si ces exemples confirment ou non la pensée que je viens d’exprimer.

VII. Eau de laurier-cerise. —■ I/eau de laurier-cerise constitue un médicament variable dans sa constitution chimique et partant un mauvais médicament, qui devrait peut-être être rayé de la matière médicale. Cette variation de constitution tient h plusieurs causes , 1° de ce que tous les praticiens ne retirent pas la même quantité d’eau à la distillation ; 2° de l’âge et de ré|)Oque de la végétation et sans doute aussi de la température de l’année; 8® de l’époque plus ou moins éloignée de sa préparation.

Toutefois, il n’est peut-être pas sans intérêt de faire remarquer que cette eau prussique se conserve sans altération bien apparente , infiniment plus longtemps que ne le ferait une solution aqueuse d’acide hydrocyanique renfermant la même quantité d’acide réel. J’ai cru trouver l’explication de ce phénomène dans une donnée d’ittner;

ce chimiste a vu une solution d’acide prussique dans une huile essentielle se conserver indéfiniment sans subir la moindre altération. Or , comme dans les eaux prussiques une huile volatile accompagne toujours l’acide hydrocyanique, ne se pourrait-il pas que ce fût à sa présence que l’acide cyanhydrique dût sa stabilité ? Si le phénomène rapporté par le chimiste précité est parfaitement exact, ne pourrait-on pas utiliser cette propriété en conservant bacide prussique pour l’usage de la médecine , dans une huile de peu d’action sur l’économie , telle, par exemple, qu’une huile des hespéridées ou des labiées ?

Puisqu’il est bien démontré , cependant , que l’eau de laurier-cerise n’a pas et ne peut avoir toujours le même degré d’action, ne serait-il pas possible de remplacer cet hydrolat par de l’eau distillée d’amandes amères, que l’on pourrait se procurer en tout temps et dans un état plus voisin d’identité? C’est aux médécins, auxquels je soumets cette idée, d’en assigner la valeur par l’expérience !

IX. Eaux distillées {consevrulion). —Les eaux distillées , contre l’opinion de quelques pharmacologistes, ne doivent jamais être conservées que dans des vases qui bouchent hermétiquement. Mais quand on fiiit usage dé bouchons de liège, il convient de prendre la précaution de les recouvrir avec une feuille d’étain. Par ce moyen on empêche que les vapeurs de l’eau ne viennent faire moisir le bouchon, et que l’eau elle-même ne contracte l’odeur de moisi , comme cela arrive assez fréquemment. C’est cet inconvénient des bouchons non couverts , qui mal interprété avait fait croire à nombre de praticiens estimables qu’il était préférable de ne boucher les bouteilles d’eaux distillées qu’avec un simple bouchon de papier.

X. Huiles essentielles (préparation). ^ Tous les ouvrages de pharmacologie s’accordent sur la nécessité de retarder le point d’ébullition de l’eau dans la préparation de certaines huiles essentielles et cependant ce n’est d’aucune utilité, ainsi que je m’en suis convaincu par l’expérience.

J’ai placé une once d’essence de térébenthine dans huit onces d’eau distillée. J’ai soumis le tout à la distillation, et quand la moitié du mélange a été distillée, je l’ai placée dans un tube gradué et j’ai marqué la quantité d’essence obtenue. J’ai fait une seconde expérience, en tout semblable à la première , mais avec de l’eau saturée de sel marin. J’ai reçu la même quantité de liquide distillé et j’ai trouvé qu’il ne renfermait pas plus d’huile volatile que celui de la première opération, bien qu’ayant mis plus de temps à passer à la distillation , phénomène qui , s’il est constant , pourrait être attribué à l’affinité ré-> ciproque de l’eau et du sel.

Ce résultat eût paru extraordinaire et tout h. fait inexplicable avant les belles expériences de Rudberg ; maintenant on a pu le prévoir, et l’expérience n’a fait que sanctionner la prévision.

On m’objectera peut-être , que n’ayant point fait l’expérience avec une huile plus dense que l’eau , je ne puis rien conclure de mes résultats? Mais je ferai observer que les points d’ébullition de l’eau et de l’essence de térébenthine , sont encore assez éloignés l’un de l’autre pour que la solution saline eût facilité la distillation de l’essence , si de semblables dissolutions avaient en effet le pouvoir d’augmenter la force ascensionnelle des huile.s volatiles.

XI. Alcoolats (préparation). — Je me suis convaincu par l’expérience qu’il est préférable d’exprimer les macérés alcooliques , avant de les soumettre à la distilla-

tion , afin de les distiller hors du marc , toutes les fois que les alcoolats sont destinés à préparer des liqueurs de table. On obtient par ce moyen un produit bien plus Suave, et qui donne une liqueur exquise. Les pharmaciens trouveront l’occasion de s’assurer de cette vérité en préparant l’élixir de Garus.

XII. (conservation). —- Tous les praticiens savent combien il est difficile d’éviter que certains sirops simples ou composés n’entrent en fermentation dans un espace de temps souvent très-court qui suit leur préparation. Tels sont les sirops de mou de veau, de Désessart, de coquelicot, de pensées sauvages , et tant d’autres , riches comme eux en principes fermentescibles. Je crois donc faire plaisir à quelques pharmaciens en leur indiquant un procédé aussi simple dans sa pratique que certain dans ses résultats. Le voici : 11 faut introduire le sirop bouillant dans des bouteilles préalablement chauffées , et les boucher et goudronner de suite. Une fois le sirop refroidi , on l’agite pour en métanger au reste la partie supérieure décuite par les vapeurs d’eau qui se sont condensées dans le goulot de la bouteille. On le descend alors à la cave, où il se conserve sans subir le moindre changement.

XIII. Conseives. — Les conserves devraient presque toutes être rangées parmi les médicaments magistraux , peut-être même serait-il bon d’en rayer un bon nombre des traités de pharmacie. En effet, de deux choses l’iine, ou une conserve est faite à l’avance, et alors presque toujours elle se détériore, fermente, aigrit et partant cesse d’étre une véritable conserve et rentre dans la classe des élecluaires, lesquels ne sont autre chose que des conserves fermentées et plus ou moins composées : ou bien, si les éléments da sucre et ceux de la matière méclicamentcuse

n’ont point d’action les uns sur les autres , en d’autres termes , si la conserve n’éprouve que peu ou point d’altération chimique, à quoi bon alors préparer de tels médicaments à l’avance ? N’est-il pas aussi simple et aussi rationnel de ne les préparer qu’au fur et à mesure du besoin , ainsi que le conseillait le judicieux Baumé? à moins, toutefois , qu’il y ait impossibilité de le faire , comme cela a lieu pour la conserve de cynorrhodon et celle d’angélique, quij fort heureusement, sont peut-être de toutes ces préparations les deux qui sont le plus respectées par le temps,

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