‹ Essai de propositions et d'observations pharmaceutiquesChapitre 8 sur 11 · BOTANIQUE · texte numérisé non relu

BOTANIQUE

XXXVII. Citron monstre, —. J’ai eu l’occasion d’observer un très-bel exemple de citron monstre. Un de ces fruits en renfermait un second dans l’intérieur de ses loges charnues, parfaitement foi’mé mais en miniature. Je ferai observer que l’écorce du citron nain était d’un très-beau jaune, bien qu’ayant végété hors du contact de l’air; ce qui confirme cette donnée de physiologie végétale, que la présence de l’oxygène n’est nécessaire que pour le dévoppement de la coloration verte des plantes.

XXXYIII. Jîiihiacées. — Je ne suis pas entièrement persuadé, comme le pensent un grand nombre de botanistes , que le type normal des feuilles des rubiacées soit le verticille ; je ne vois pas trop pourquoi les feuilles opposées avec des stipules intermédiaires des rubiacées exotiques, seraient dues à un avortement constant du verticille, leur type, supposé normal. Il me parait qu’en général les botanistes ont trop exagéré le phénomène d’avortement constant, en abusant peut-être un peu trop de la loi des analogies.

XXXIX. Solanées et scrofulariées .— La limite botanique qui sépare la famille des solanées de celle des scrofulariées est si difficile h tracer, de l’avis des plus célèbres botanistes, qu’il me semble qu’on pourrait, sans inconvénient pour l’étude, réunir ces deux familles en une. Je

base surtout mon opinion sur ce qu’il est clans le règne végétal plus d’une famille naturelle dont les tribus qu’elles renferment s’éloignent plus entre elles que les solanées ne s’éloignent des scrofulariées. M. de Gandolle, au reste, se rapproche infiniment de l’opinion que je professe en ce moment, quand il s’exprime ainsi :

«J’affirme que les personées ne sont que des altérations » du type des solanées, parce cju’une personée, régulari- » sée par la pensée, ne dülère pas des solanées » (De Can- * dolle, Théorie élémentaire.)

XL. Graminées. —« Il est remarquable que les plantes )) les plus utiles sont aussi les plus nombreuses : la na- » ture^ qui produit des poisons, ne semble les multiplier » qu’à regret. Trois racines ont été données aux plantes )) céréales ; une seule pourtant leur suffisait ; ne s’indigne- 1) rait-on pas justement d’entendre nommer hasard une » aussi admirable Providence? » (Fée.)

lime semble, si je ne m’abuse, que la contemplation de l’imposante harmonie de l’univers peut fournir à l’observation du naturaliste philosophe des preuves autrement convaincantes de la nécessité de l’existence d’un être conservateur de toutes choses, que ne l’est celle alléguée par M. Fée !

J’avoue franchement que je regarderais la cause de la Providence comme une assez mauvaise cause, si l’on n’apportait, en sa faveur d’autres preuves que celle de la présence des trois radicules des graminées.

XLI. Lois des analogies. — La loi des analogies botaniques que les auteurs s’efibreent d’introduire dans la science, et qui apprend que les plantes qui offrent le plus de rapports généraux dans leurs organes sont aussi celles qui présentent le plus de similitude dans leurs produits naturels, ne me semble suffisamment prouvée qu’entre

les groupes des végétaux, qui non-seulement offrent de grandes affinités organiques, mais qui encore ont un port plus ou moins analogue, et qui croissent sous une mémelatitude. Ges données, je les trouve dans les labiées, les crucifères, etc. Raisonnant toujours d’après cette remarque, on eût pu savoir àjpn'o/’i que les plantes si disparates, qui font partie de la vaste famille des légumineuses, et qui croissent en tous climats , devaient élaborer les produits les plus divers. Or, c’est ce que l’observation confirme.

Je ne pense pas, au reste , qu’on doive croire une famille beaucoup plus naturelle, de ce que les cellules des plantes quelle renferme élaborent toutes ou des sucs identiques ou des sucs analogues, pas plus que les sucs sucrés et identiques de l’ace;’ saccharinum la canne à sucre, la betterave, le grand noyer, etc., n’ont servi à rapprocher ces in approchables végétaux.

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