‹ Essai de propositions et d'observations pharmaceutiquesChapitre 9 sur 11 · XLIII. Fruits à pépins. — « S’ils n’étaient entourés · texte numérisé non relu

XLIII. Fruits à pépins. — « S’ils n’étaient entourés

* d’une pulpe charnue et épaisse qui empêche l’action » immédiate de l’air , il est probable qu’ils seraient hui- » leux. » (Fée.)

Ne pourrait-on pas mettre cette opinion au rang des suppositions gratuites , qui n’ajoutent rien à l’histoire de la physiologie des plantes ?

XLIV. Poisons narcotiques. — » L’action des poisons » narcotiques ingérés par les racines a besoin d’étre véri- » fiée avec soin. » ( De Candolle. )

C’est en ell’et un point Lien obscur de l<i physiologie des pLintes que celui de l’action des narcotiques sur l’économie végétale ; car, tandis que MM. Macaire, Marcet et Mulder assurent qu’ils agissent sur les plantes avec une action générale analogue à celle qu’ils exercent sur les animaux, M. Julio considère, au contraire, l’opium comme un excitant des végétaux. L’expérience suivante confirme en partie l’opinion du physiologiste italien -. j’ai placé le i5 juin dernier plusieurs pieds de calendula oil'. dans des vases neufs remplis dé grès fin , lavé à l’acide liydro-chlorique, et je les ai arrosés jour*nellement , jusqu’au i5 juillet , avec de l’eau distillée. C’est à cette époque, alors que les pieds de souci offraient un faciès à peu près normal, que j’en ai arrosé deux avec un demi-gros chaque d’acétate neutre de morphine dissous dans trente onces d’eau distillée. Au bout de huit jours chaque pied de calendula était sous l’influence toxique d’un demi-gros d’acétate morpliique, car les vases n’avaient pu rien, laisser échapper, ayant eu le soin d’en bouclier l’ouverture inférieure, et cependant ils n’ont présenté aucun signe pathologique, ni pendant la durée de l’arrosement narcotique ni après , car ils ne m’ont point ofiert de dillérence appréciable avec d’autres pieds de la même plante que j’avais gardés pour me servir de parallèle, et que j’avais continué d’arroser seulement avec de l’eau distillée.

Comme j’ai opéré avec le produit le plus actif de l’opium, et que la manière dont j’ai fait les expériences est plus rationnelle que celle usitée par les auteurs, je me crois en droit de pouvoir conclure que lesproduits narcoti~ ques de l’opium n’agissent point sur les plantes a la manière des poisons. Que si les résultats des auteurs diffèrent des miens , c’est qu’ils ont opéré sur une solution aqueuse d’opium.^ solution qui, outre les produits narcotiques, renfermait d’autres substances qui ont pu auoir de l’action

sur les cellules des plantes. Je dis sur les cellules, car d’autres essais, que je ne rapporterai point ici, m’ont porté à penser que, pour qu’une substance agisse sur l’économie des plantes, il faut qu’elle soit douée de propriétés désorganisatrices telles, que le tissu primitif des végétaux puisse être mécaniquement altéré par elle.

On verra par cette idée, que je suis loin d’admettre un système nerveux dans les végétaux ; c’est en effet mon opinion, et j’ajouterai que l’opinion contraire, toute poétique quelle est, me semble avoir trop occupé les discussions des savants.

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