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CONCLUSION

Pour conclure, il faut résumer la loi générale d'évolution que nous avons cherché à dégager.

Une force F transmise à une masse M se retrouvera intacte dans la masse M : transformée, sans doute, en chaleur, en mouvement, en électricité, en combinaison chimique; mais enfin la somme de ces diverses forces transmises à M sera toujours égale à la force F.

Il est pourtant des cas où la masse M contient une certaine somme de force latente f, de sorte qu'au choc de la force F ce ne sera plus seulement F qui se dégagera, mais encore F + f .

Les meilleurs exemples qu'on puisse donner de cette énergie latente, ce sont les corps explosifs. Sous l'influence d*ttne stimulation, d'une force F qui agit sur eux, ils dégagent des forces qui sont bien supérieures & la force primitive. Dans la réaction finale F 4- A consécutive à l'excitation F, il se trouve que parfois f est infiniment supérieur à F. Ainsi une minime étincelle (F) va enflammer un tonneau de djrnamite dont l'explosion sera formidable et bien supérieure à la force F.

CONCLUSION • i73

Les êtres vivants, constitués par des cellules, sont irritables à la manière des corps explosifs, c'est-à-dire que Texcitation extérieure F peut être très petite, relativement au dégagement de force f,

Méipe, le plus souvent, la force F est si petite, si insignifiante par rapport à la réaction /*, qu*on peut la négliger, et que le mouvement de la cellule qui répond à Texcitation est (dans la somme F + /^ en réalité égale à f; car F est nép;ligeable.

Cette réaction de la cellule à Tirritation, c'est rirritabilité : propriété générale à tous les tissus. Mais la quantité d'énergie latente contenue dans les divers tissus va en augmentant à mesure que Ion s'élève dans la hiérarchie des tissus et dans la hiérarchie zoologique. Les cellules du système nerveux, plus que toutes les autres, possèdent une grande somme d'énergie latente : aussi, plus l'animal est-il élevé dans la sérié, plus son système nerveux contient-il d'énergie latente.

On peut comparer tout animal à un mécanisme explosif, mécanisme d'autant plus parfait que l'intervention d'une force de plus en plus faible pourra déterminer une explosion de plus en plus forte.

L'origine de la force pour les cellules vivantes,' qu'il s'agisse de cellules nerveuses ou musculaires, est vraisemblablement d'origine chimique. Gela établit une analogie complète entre les ceK Iules vivantes et les corps explosifs. Si donc la cellule peut à un moment donné dégager une grande quantité d'énergie, c'est qu'il se fait dans son intimité des dédoublements chimiques rapides qui entraînent un phénomène de mouvement ou d'innervation.

Ainsi la vie est une fonction chimique, et la force dégagée par les êtres vivants est une force d'origine chimique.

Ou peut toujours ramener à un mouvement toute force, quelle qu'elle soit, qui est dégagée par les êtres vivants, de sorte que la hiérarchie psychologique des êtres est déterminée par la complication du mouvement qui représentera l'explosion finale.

Cette hiérarchie peut être établie à peu près ainsi.

C'est d'abord l'irritabilité cellulaire simple.

Puis c'est l'irritabilité du système nerveux, caractérisée par un acte réilexe élémentaire.

Puis cet acte réflexe élémentaire devient mie action compliquée, non plus limitée à un seul muscle, mais s'étendant à tout

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nn groupe de musclea, de maniëre qae l'acte exécuté soit syner-

giqae, les muscles divers concourant à une action unique.

Puis, an lieu d'Stre un seul acte réflexe compliqué, c'est une séné d'actions réflexes successives, paraissant spontanÉes; car elles s'enchaînent fatalement sans que l'excitation extérieure (FJ, qui est faible, soit apparente. Comme si l'énergie latente, au Jieu d'être f, était T + f + f + P", "ne seule force d'irritation F va provoquer la série de réponses f-\-f + f"-t-f"-

Les pro^s de la puissance psychique se font par la sélection naturelle; ils se transmettent par l'hérédité. Il semble qu'il y ait dans la nature comme un effort vers une somme de vie Eupérienre, chez des êtres de plus en plus développés, avec des moyens d'existence de plus en plus parfaits. Autant qu'on peut le supposer, en suivant la série des âges géologiques, on voit que les êtres simples ont commencé à apparaître pour être remplacés par des êtres de plus en plus compliqués, de sorte que le progrès, s'il y a un progrès, consiste en une complication de plus en plus grande.

Le fait même de la sélection explique comment ces actes réflexes simples, compliqués ou instinctifs, sont admirableroent conformes à la vie même de l'animal. Cette conformité, cette finalité sont si saisissantes qu'on serait tenté de croire qu'nne sagesse supérieure, prévoyant tout et sachant tout, dirige ces mécanismes, de manière è. leur permettre de résister aux dangers, de vaincre les obstacles, et d'assurer la perpétuité de l'espèce, en même temps que de prolonger le plus possible leur propre existence.

Mais il ne faudrait pas confondre la cause avec l'effet : la vie des êtres est effet et non cause, et la finalité des actes est la conséquence même de la sélection naturelle.

A ces complications croissantes de l'acte réQexe vient s'ajouter nue complication nouvelle : c'est la conscience qui accompagae l'acte. D'abord cette conscience est obscure et diffuse, si tant est qu'elle existe; puis, de l'animal inférieur à l'animal supérieur, elle se précise quelque peu. EnBn, de l'animal supérieur à l'homme, elle se perfectionne tellement que c'est à peine si la conscierce imparfaite, rudimentaire, des animaux même intelligents, peut être appelée conscience au regard de la conscience humaine.

Chez tous les êtres, l'acte conforme A la finalité est exficnté

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