PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION. XI
de ne m'être pas toujours borné à la simple citation de ces éléments, mais d'avoir parfois tenté des reconstitutions proprement dites dans lesquelles se glisse bien un soupçon d'hypothèse : une semblable reconstitution donne un tableau d'ensemble des résultats qu'on a trouvés épars et sert, de plus, quand elle arrive à une quasi évidence, à contrôler, en quelque manière, l'exactitude de ces résultats. Je n'attache d'ailleurs pas de plus grande importance à ces tentatives. Je crois devoir formuler encore contre Rudorfp une réserve portant sur un point particulier. Dans beaucoup de cas, l'édit, sur le fondement duquel une action était promise, nous a été conservé, tandis que nous n'avons aucun renseignement sur la formule correspondante. Le fait s'explique de lui-même : les développements qui, dans les commentaires ad edictum de l'époque classique, avaient trait aux formules ne pouvaient pas, le plus souvent, être utilisés par les compilateurs de Justinien; c'est donc nécessairement dans ces développements qu'ils ont fait les plus larges coupures. Or, rien n'est plus aisé que de transformer l'édit qui nous a été conservé en une formule in factum : quelques changements de pur style et un « si paret » placé en tête suffisent à procurer ce résultat; et, de fait, un bon nombre des formules de Rudorfp ont été obtenues par ce procédé. Dans ces hypothèses, je me suis abstenu, par principe, de toute reconstitution. Le contexte de l'édit peut très bien, en effet, n'avoir point servi jusque dans le détail à l'établissement du contexte de la formule. Dans les cas peu nombreux où nous sommes en situation de comparer les rédactions authentiques de l'édit et de la formule, il arrive plus d'une
ques proposées par d'autres auteurs, j'ai cru pouvoir les combattre en montrant comment on pouvait les améliorer. 11 va de soi que, dans des cas semblables, je n'attache pas à mes propres reconstitutions une valeur scientifique positive.