‹ Essai de Reduction de La Mélancolie En Une Psychose D'Involution PrésénileChapitre 15 sur 17 · RÉSUMÉ. CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ. CONCLUSIONS

Nous avons essayé de montrer dans notre travail que la mélancolie doit être considérée comme une psychose liée à une phase de l’évolution physiologique : l’insénescence.

I. — Le domaine de la mélancolie tend à se restreindre de plus en plus depuis le début du siècle. Esquirol y faisait rentrer tous les troubles psychiques tous les délires partiels s’accompagnant de tristesse, de dépression. Baillarger réserve ce nom aux seuls cas accompagnés de lésion générale de l’entendement. Delasiauve scinde ces derniers faits en deux grands groupes : mélancolie et confusion mentale. Dès lors le démembrement de la mélancolie progresse rapidement : la paralysie générale, la folie circulaire, le délire de persécution, l’épilepsie, l’hystérie, la dégénérescence mentale, l’hébéphrénie la catatonie prennent la place de cette psychose.

IT. — La mélancolie n’existe point chez ladulte. Elle n'est qu'un simple état symptomatique, capable d’en imposer parfois pour une psychose, et qui se résout dans les diverses affections suivantes :

1° Dans la folie périodique la mélancolie présente tous ses caractères mais n’a qu’une valeur secondaire par rapport à l’évolution de la maladie : un accès de mélancolie

survenant chez un jeune sujet doit toujours faire penser

sl

à la folie intermittente d’autant plus que les accès consécutifs peuvent rester frustes, inaperçus ou ne se reproduire qu’à intervalles très éloignés.

2° Certains mélancoliques adultes sont des neurasthéniques. L’analogie des phénomènes psychiques et somatiques doit faire admettre une simple différence de degré entre la névrose et la psychose ; il y a même similitude complète entre la neurasthénie et la mélancolie avec conscience.

3° À la grande classe de dégénérés se rattachent de nombreux cas de mélancolie où le syndrome évolue sur un terrain spécial qui modifie sa marche et sa durée. Dans cette catégorie rentrent la plupart des mélancolies hypocondriaques.

4 La confusion mentale, la psychose hallucinatoire aïguë,le délire à base d'interprétation s s’accompagnent de réactions anxieuses qui n’ont de la mélancolie que l’apparence : l’asthénie psycho-motrice s’accorde mal avec une telle richesse d’halluciaations ou d’interprétations.

5° La démence précoce se caractérise par de lapathie, des périodes d’excitation, de la tendance aux impulsions, du négativisme plutôt que par la dépression. De vrais états mélancoliques peuvent se montrer comme stade de l'affection.

En résumé la mélancolie est un « syndrome qui, chez l'adulte, se retrouve dans les multiples expressions de la folie » et qui n'a point de valeur intrinsèque.

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