TROISIÈME PARTIE
« Le sentiment de son impuissance, écrit Esquirol, rend le vieillard plus calme ; les idées et les désirs ont perdu leur énergie, imagination est en repos, les passions sont éteintes, la mélancolie pourrait-elle avoir accès chez les individus sans passion? Aussi cette maladie est-elle très rare dans la vieillesse ». Une statistique de 4 années se résume en effet ainsi: 64 cas à 25 ans, 62 à 30 ans, 52 à 40 ans, 48 à 45 ans, 38 à 50 ans, 11 à 55 ans, 29 à 60 ans.
Des observations nouvelles ont tranformé ces résultats ; d’ailleurs la phrase d’Esquirol sur la mentalité du vieillard ne s’appliquerait-elle pas à l’état mélancolique et ne montre-t-elle pas du moins qu'il y a là un terrain tout préparé pour laisser germer cette psychose. De plus la relation évidente qui unit les suicides et la mélancolie, per= met de conclure de la fréquence des uns à la fréquence de l’autre. Brierre de Boismont avait déjà remarqué que, si l’on tient compte de l’infériorité numérique des vieillards dans la société, on trouve que la proportion de suicides chez eux est plus élevée que chez les adultes 1 suicide pour 10.425 individus de 30 à 40 ans, 1 suicide pour