‹ Essai de rêve moderneChapitre 12 sur 71 · MONSIEUR L'ESPOIR · texte numérisé non relu

MONSIEUR L'ESPOIR

La grenouille nous trousse une complainte claire, Puis bonsoir : c'est la nuit, de palus en palus. Qui grimpe lestement en son funiculaire Et rase les talus...

Et l'Espoir l'accompagne, au cou voilé de soie... Il aiiive : oh ! compère, assieds-toi sur le seuil. Et permets qu'un fervent t'exalte et te tutoie, La larme gaie à l'œil !...

Car j'adore tes monts, tes bois, tes précipices ! — Ceux qui sont gris, avec des roches dans le bas. Et les plissements roux où de l'argile glisse, Comme la crème des babas ! . .

Et tous tes vieux espoirs, je les aime!... Les pierres Qui s'écroulèrent sous les Marquis trop galants, Et les ruisseaux vengeurs qu'ont sauté les bergères Sans mouiller leur tablier blanc ! . . .

Sur ta folle légende un peu d'histoire pleuie. Et c'est très doux de voir comme on peut mélanger L'Amour avec la Vie, et les contes profanes Avec les prêches du clergé ! . . .

Et puis, sur ta montagne à tenter les apôtres. Un nez de vieux granit — un rocher fauve et long, — Respire l'air nouveau, lui qui respira l'autre. Nez aquilin, presque bourbon!.,.

Et la nuit devient bleue, et l'ombre du nez deuise... Et les sapins — oh ! oh ! — frissonnent d'être pris Pour végétation d'un siècle en décadence. Et, sous le nez se font petits ! . . .

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