‹ Essai de rêve moderneChapitre 13 sur 71 · LE PAON — LA NUIT · texte numérisé non relu

LE PAON — LA NUIT

Ce silence est mauvais autant qu'une vipère; L)n nimbus passe, frôle, et crève sur la cour : Le fleuve est si houleux que le pré désespère Quand un nouveau nimbus accourt...

Le crapaud, le cri-cri, chaque être minuscule, L'ombre des recoins froids, le contour des fossés. S'amourache du tertre où la Nuit gesticule Et tend des bras inexaucés ! . . .

Mais plus que l'aboîment des chiens, plus que la bruroe Des soirs accumulés sous l'humide hangcir, Plus que le glissement du bac, et son éc8U"t Vers l'eau dormante ou vers l'écume;

Plus que l'exil, avec le mur et la veilleuse. Avec tous mes regrets d'homme ou de chenapan, — Il me fait mal, ce cri de cocotte railleuse Sur mon toit poussé par un paon !

Cri de coq dévoyé, claironnade manquée Le paon point notre cœur par son crime d'oser Jouer du mirliton à l'ombre interloquée. Fantôme, d'un cri transpercée;

Oh ! paon qui me réveille, ou m'endors, ou m'esseule; Lime, poignard ; crécelle aigre stupidement ! Paon qui dors sur un pied, tout en haut de la meule... Paon d'orgueil et d'énervement !

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