‹ Essai de rêve moderneChapitre 14 sur 71 · SPLEEN AU SOIR · texte numérisé non relu

SPLEEN AU SOIR

On sent le vain effort des plantes qui vont naître: Les jardins sont trop verts sous les dieuy énervés; Mouillés, graves, frileux, houleux d'arbres lavés; Et notre jour s'achève ainsi qu'un soir de prêtre.

Des grillages partout!... Des ronces, des poteaux. Closent les chardons fiers et les folles avoines : Entassement méticuleux de patrimoines.

Tous esclaves du froid qui pleut sur les coteaux...

Ibsen, tu la sentais, la nature insensible!... L'électricité luit comme une éternité; ^

Pas de lune — Le soir est notre Inanité... L'homme s'y désespère au bras flou du possible...

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