‹ Essai de rêve moderneChapitre 2 sur 71 · VARIATION · texte numérisé non relu

VARIATION

Tipperary ! Comme il est loin

— Méchant garçon — le parc anglais

Aux lauteuils peints

Gris /iolet !...

Et la maison gaie en couleurs.

Fenêtre qu'un voile satine,

A guillotine,

Avec des fleurs!...

Comme il est loin pour me hanter Le petit pot de confitures,

Qui toujours dure

Avec le thé...

Comme il est loin ton couvert mis.

Et le rosbeaf dans tes assiettes

A oreillettes,

Cher vieil ami !

Tipperary ! — C'est le dimanche, Quand nous jouons le psaume saint.

Que tu penches

Jusqu'à mon sein...

Et que nous mélangeons, chère âme.

Le psaume à l'amour, comme on doit :

Sans cette flamme Tout psaume est froid...

Car l'amour qui donne l'anneau, Boy, mon boy, est un enfant chaste,

Enthousieiste

Du piano ! . . .

Quand nous serons sur la jetée,

En un shelter.

Je serai si rouge, excitée

A voir la mer ! . . .

Les bateaux faisant sur leurs quilles Des ronds, des ronds.

Les boys avec les jeunes filles Vite en riront...

Car il faut rire et rire fort,

Sous ces nuages, Ou bien être comme les morts.

Muets et sages!...

Il faut, mon boy, vite parler

D'amour celtique, Ou rêveusement s'exiler

Dans la musique!...

Et le shelter, le banc des filles Qui sert aussi pour les gamins :

Le vôtre, au soir, graves familles.

Les accueille, amoureux...

C'est bien.

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