CANAL DE L'OURCQ
Voici sous les charrois victorieux des Gaules,
Se ployer les épis et l'orge du Valois,
Et les hauts framboisiers et les menthes qui frôlent.
Et les broussailles d'or, fil beurbelé des bois Où les poilus hantaient des guérites de paille Avant de prendre, au seuil, la gloire par le bras.
Puis, ourlés à leur tour par la fauve broussaille. Les jardins de Marolle, et l'Ourcq, et le vallon Le vallon tout feuillu de la Ferté-Milon...
Le vent laisse traîner des grisailles de faille. Lambeaux pendus aux fils du téléphone ancien Oriflammes en gris d'un ciel racinien.
Racinien — le seul désir qui me lancine Malgré les visions de l'Ourcq et du château. Est de peisser pieux au pays de Racine.
Et de sentir, montéint du sol, jaillissant comme
La seule volupté vive de ce coteau.
L'âme humaine de qui souffrit tant d'être un homme !
Racine ! cai nos morts, saignant sous le fsu-deau Des sophismes prussiens, et des boches emphases, Vengeaient la pureté française de ta Phrase...
Et je péisse — débris de murs, débris de toits. Village qui béait et croulait sur nos lignes. Montagnes — comme ailleurs — de pierraille et de bois.
L'église, ce témoin, et cette fleur, la croix:
Plus un quau-tier intact, et des rocs — Mais quel signe
— Hors le buste, là-bas ? — du passage d'un cygne >
Aucun — Si tu passEis harmonieux gamin Dans ce val, en rêvant aux caprices humains D'amour, de lâcheté, de faiblesse — oh ! les tares
D'un grand siècle qui sont les teures des petits ! - Tu n'as pcis vu fluer ce canal, ni senti, La Muse t'enlever dans la Rue de la g£U"e...
...J'accompagne de l'œil les arbres réguliers De la rivière... Trop modernes peupliers! Trop facile chemin qu'une eau d'argent se fraie !
(Il ferait bon, pourtant, sous votre ombre vert-gris. S'asseoir, et contempler l'eau qu'on boit à Peuris. — L'eau de Paris : oh ! peupliers, faites la haie ! —
LA bcx:hesse
Depuis que les chasseurs ont pris la ville ouverte Sur le Rhin, et chanté devant elle : Oh ! la, la ! Lisel voit les poilus coucher dans sa villa, Et songe que leur beauté brune déconcerte...
Doit-elle aimer ? — Risquant la promenade offerte Mendîra-t-elle savonnette ou chocolat ? . . . Non — Le « concert ) commence... Elle dit : J'irai là. Et, rouge, elle revêt sa belle robe verte...
Un désir point son cœur — déjà libre et guéri ! —
De rêver en les bras du musico gavroche.
Sur un banc, sous un pin, en un recoin de roche!...
— Mais elle ne sait pas que le gavroche a ri
De cette promeneuse à l'allure guerrière
Dont le jupon trop long dépasse, par derrière !
Palatinat — Juin 19.