CRUCIFIX
Parce que prenant Carême J'ai souffert tout le long jour.
Jusqu'à l'heure des lumières Sur mes sièges de velours
Se diffusant sur les glaces, Pour me faire prendre peur Des fantômes de moi-même Et de ce ressouvenir Que nous sommes en carême...
Jusqu'à l'heure où seulement Tinte un clocher sur Paris — Ah ! Paris ne serait donc Qu'un village sur ma route ?
Tintement, apaisement, La lune aussi devient douce; Glissant sur des toits pâlis Onduleux de grise mousse...
Parce que plus près de toi, Crucifix que je regarde, Je m'éloigne de ce temps Par un grand silence en moi Répercuté dans ma chambre.
J'ai trouvé triste le soir De ce printemps qui nous reste; Seul secours aux pauvres hommes Gazon, branche et feuille espoir...
S'allie toujours de trop loin A l'avril qui veut renaître, La lueur solaire, ou bien La lueur de la nuit pleine...
Et, c'est pourquoi le silence Dans ma chambre aux rideaux las, Tristement, isolément, Crucifix, m'allie à toi...