‹ Essai de rêve moderneChapitre 8 sur 71 · SAMEDI D'HIVER · texte numérisé non relu

SAMEDI D'HIVER

Samedi. Les trottins. L'ombre. Le loup chéri, La gosseline. Un brais. Un autre bras. Le prix.

Etalé, des deux cafés -crème...

Faubourgs, trottoirs, recoins : Samedi va servir Le Rêve-amour. Oh ! quel esclavage : saisir

Au vol un peu du dieu qu'on aime!...

C'est votre plus beau jour et vraiment le seul doux, Places, carrefours d'ombre où les lumières jurent...

Salons d'attente et rendez- vous !.. .

Places des Samedis, joyeuses d'être Isisses Et d'enfermer tant de bonheur timide, places

Des fous prolongés dans les glaces.

Samedi : La ruée au Music-Hall... Ah, joie De pauvres ! — et les cache-cols, autour des cous. Ont l'air de bons serpents endormis dans la soie Qui se sont avachis sur les douleurs humaines — N'osauit plus mordre: et tout à coup Se relevant, aux vents de haine...

TELEPATHIE

Cheuite aussi, chante aussi la douceur du sofa

La nuit, devant le téléphone :

Ta mie est exilée et ton Désir s'en va Lui parler, seule voix dans les lointains aphones.

Et que soit l'appareil aux rhombes de métal, Que soit la boîte ou le cornet.

Comme en un pavillon d'Amour, l'occidentale Tulipe où la parole naît !

Que soit le Récepteur acajou, cette cible De tous sons d'une chère voix;

Imbroglio des fils ; et la plaque sensible Mystère de ma douleur soit !

Oh ! par les nuits de juin, après avoir gémi, Désenchaîné des tresses brunes,

Etreindre, comme en serre un sein de vierge ami. L'appareil reluisant de lune !

Ou, sachant que la mie arrive, qu'elle achève

Son supplice loin de Paris, Penser : je suis lié, par l'électrique rêve, . Aux vibrations de ses cris !

Rêver que tout l'Amour d'un siècle est dans la conque.

En amoureux la ceu-esser, Et bénir ce progrès impalpable ou quelconque.

Qu'on jura d'idéaliser !

Les ressorts du sofa chantent... la fenêtre aime

Laisse filtrer les cris de ceux Qui jurent, bilieux, sur mon grand Amour calme ! La Nuit pzu-le à voix basse, et se détourne d'eux !

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