‹ Essai de sémantique: science des significations (volume 2)Chapitre 22 sur 76 · Mf'f, I · texte numérisé non relu

Mf'f, I

ferent-ês (pour ferenteix) '. Il faut se rappeler que la prononciation laline resserre les mots, îibrège on éteint les syllabes finales : autant de causes qui devaient rendre la déclinaison peu dislincle. Le remaniement s'est étendu, de proche en proche, jusqu'à certains nominatifs : ainsi j'tiven, c jeune homme » (sanscrit j'uvan), d'oùjuven-tus, est devenu jucenis\ ans, « oreille », d'où au{s)dire, aitsatfeare, <( écouter », est devenu ausis, auris.

B. Pour obtenir plus de clarté. — Autant que possible, il faut que les formes grammaticales ne prêtent à aucune équivoque. Si elles sont trop courtes, trop émoussées, elles menacent de devenir inintelligibles. C'est ce qui serait arrivé, par exemple, pour les génitifs pluriels de la seconde décliniiison. L'ancien génitif en um (grec wv), dont on a encore dos exemples dans des locutions toutes faites ', cède la place à un génitif en ôriim emprunté aux pronoms, et ayant de plus cet avantage d'être symétrique aux formes en ârum de la première déclinaison.

Le superlatif était primitivement terminé en toî. De celte formation très simple, il est rc^té t^sitoî,

I- 11 y a encore quelques rares traces de réUt nntérieur. Aulu-Gelle (XIX, 7) elle de Lévius rexprcHsion tiUnla loea. SiUiila cal un pluriel neutre à la maniera de çtXoOvi-a. Mais le lalin a perdu rhablLude de CCS neutres : 11 (til oelac-ia, loeapUl-ia, limjilic-ia. Au génitir pluriel, on a encore partntum, animnntum : mais la forme ordinaire est iam UiiJiiUsrenlium. iiifantium. dUcordiam).

%. l'rafectia fabrum, duo milia seslerlium, tcmpla ilpum. etc.

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■:h%z-.oi, SIxiTOî. On sait, en effet, que les nombre» ordinaux se forment k l'aide des mêmes suffixes qui servent à marquer les degi-és de comparaison. Mais cet exposant toî, trop simple et trop court, pouvait donner lieu à des méprises. En détachant l'a de S^Ki, le grec obtient un suffixe plus complet, atoç; de là les superlatifs comme ûnaroî, eoyatoî, -jjiaTOî. Pour surcroît de clarté, au suflixe a-roç la langue ajouta encore le t du comparatif Tepo; : dès lors on eut le suflîxe -«oi;, qui permît d'opposer

Le désir de formes explicites fait comprendre comment, en français, aux anciens nombres ordinaux tiers, quart, quint {le tiers parti, un quart voleur survient...) ont été substitués troisième, quatrième.... Des anciens ordinaux latins il ne reste plus que les deux premiers : mais déjà deuxième, au Heu de second, est familier k nos oreilles.

Dans la conjugaison, certains participes passés menaçaient de devenir étrangers au verbe dont ils sont tirés. Qui sent encore la parenté de poiils, qu'il faudrait écrire pois, et de pendre, de toise et de tendre, de roule et de rompre '? 11 était utile d'avoir une forme qui accusiH mieux les affinités. Ainsi

I. Noaa devons ce modèle d'ttude hUloriguc k M. A»voll, dans k Slu'Iien de Curliu:^, IX, 3*!.

ï. Encore au xvi' âiècle. les fracUyns, en mntlii-nialir]iiEs,s"«[ipelliTi les numbrti miipti. La rouit désigne une voie qu'on u tnite en rompaii la turft et k terrain.

.ES. LOIS INTELLECTUELLES DU LANGAGE, s'explique la ruvctir qu'a rencontrée le participe en tiius ■■ pendu, tendu, rompu '. Le mouvement est venu de quelques rares avanl-coureurs qu'on aperçoit en bas-lalia ; pendutus, decernuhim, incemintum. lîuxmémes, ils sont un produit de l'imilntion (latin sobtlus, slatiftus) '. Grâce ii celte syllabe finale, le français a r/lnblî les lignes de sa conjujcaisoii en désordre.

Au lieu de nous prentms, nous ftiismes, qu'aurait dû donner le Intin prendimus, fan'mus, on a dit nous pren-ofis, nous fm's-ons; au lieu de vous prents, qu'aurait dû donner le latin prendiliSy on a dit cous pren-ez. D'où viennent ces désinences plus pleines? La seconde personne du pluriel l'indique sunisamment. Elles ont été empruntées à la première conjugaison '.

Donnons encore un exemple tiré de la conjugaison grecque.

A la troisième personne du pluriel, les aoristes seconds des verbes comme rlDr.iJii avaient une désinence fort courte : Ëôev, ï6xv, smv, Ësav, ïipuv, etc. La langue homérique abonde en formes de ee genre. Mais on en voit l'inconvénient : ces troisièmes

j. LeB BnfanU, en disant j'ai prendu, se conrorment aux modèles

fiinrnia parla langue. On s, depuis longlemps, reconnu en eiii lî'aclifs auKÎliaires île la ri'gularilé grammalicale. Au lieu de 1 came, I eaughl, on les entend dire en anglais I comal. l caicked.

9. Les ïerl«s latins avant leur parFail en ni, comme habuî, lenui, ont été des premiers à prendre un participe en alw.

3. Les seuls snrvivanlii itui n'oient pas élé remuniéa sont : vous dilvi {(ticilh), voui failei ifacitit).

personnes du pluriel ressemblaient trop aux premières du singulier. Le moyen employé a été fort simple : grâce à une rallonge empruntée à Taorisle

premier, on a eu eêr^Tav, lorao-av, ecpadav, Icpudav, àvcÔsdav*.

Un fait, à première vue surprenant, mais attesté par des preuves nombreuses, c'est que les suffixes les plus usités dans nos langues modernes sont des suffixes empruntés. Ainëi le grec nous a permis de former nos mots en isme^ comme optimisme, socialisme-, en iste, comme artiste, fleuriste \ en iser^ comme autoriser, fertiliser. L'allemand nous a fourni le suffixe ard, comme dans vantard, bavard. L'italien, le suffixe esque^ comme dans gigantesque, romanesque. A prendre les choses à la rigueur, les mots en al comme national, provincial^ en ateur, comme ordonnateur, provocateur, sont formés à Taide de suffixes latins, puisque ces mêmes suffixes, quand ils sont entrés en français par voie populaire, ont pris un autre aspect. C'est le besoin d'avoir des formes explicites, se détachant nettement aux yeux, qui a procuré ce tour de faveur aux désinences étrangères : les nôtres ayant subi l'usure du temps, s'élant mêlées à la partie antérieure du mot, ne s'étalent pas avec la même évidence.

Le même fait s'observe chez nos voisins. On sait le succès qu'a obtenu en allemand notre désinence

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