Curtius, Dm Verbum, I
-ie, qui a donné les substanUrs en -ei, comme liàc/ierei, Zauherei. Les Anglais ont em|)runtû à noire seconde conjugaison celle syllabe ish qu'on Iroiive non seulemenl ài^as, finish, nourish, où le modèle est fourni par le français, mais dans pHi/(,s/i, dislinguish, où le suflixc esl Iransporlé par imitalion.
A toute époque, chez toules les nations, il s'est trouvé des puristes pour prolesler contre ces emprunts. Mais ceux qui forment le langage, voulant avant tout être compris, et être compris aux moindres frais, s'inquiètent peu de la provenance des matériaux qu'ils mettent en œuvre.
C. l^our souligner soit une opposition, soit une ressemblance. — Le langage nous révèle ici un fait de psychologie : l'esprit, qui associe volontiers les idées par couples, aime à souder entre eux les contraires, en leur donnant même extérieur. En même temps que cela aide la mémoire, cela donne plus de relief à la parole. « llien n'est plus naturel, dit le philosophe anglais ttaia, quand nous considérons une qualité, que la disposition à retourner à l'autre qualité, qui en fait le coutinste. »
Nous commencerons par les exemples les plus simples.
Le jour et la nuit forment une antithèse vieille comme le monde : sur le modèle de diu, le latin, détournant l'ablatif nocle de sa déclinaison, a fait
noctu. Sur le modèle de dninins il a fait nociurnus '.
Uae autre opposition non moins vieille est celle de la vie et de In niorl. Sur le modèle de vivus, le ialin a tait moiluus. Selon les règles de la langue latine, morioi' devait faire mortus, comme orior, experior font ortiis, expertus *. Mais l'occasion de l'anlitlièse se trouvant k toute heure ', la syllabe finale de l'un s'est communiquée h l'autre.
Les expressions <i avant » et « après « sont pareillement de nature k s'influencer. A ofité de l'adverbo antiii, devenu plus tard ante^ le Inlin a formé un adverbe poslid, devenu joos/e et posl. Poslhi s'est conservé dans poslid-ea, qui est modelé sur antid-m. A la base se trouve la syllabe pos, après » '.
On voit que pour déterminer une création par analogie, il n'est pas nécessaire que la langue présente des modèles en grand nombre. Dans les cas que nous venons de citer, un seul mot a suffi : mais c'est que k'S deux ternies étaient directement k l'opposite. L'analogie, pourrait-on dire, fait sentir sa puissance en raison de la situation. C'est ainsi qu'en français nous avons fait l'adjectif méridional, dont le
i. On 11 siiiilniiu récemmenl qi pour ('Inlilir In vraîu niiiilion, i (^*t», - jour ■ [)<tiytë-iljiit, • hic