EXTINCTION DES POBMES INUTILES
DifDcijlté de cette Élude. — Formes surabonilantes produites pur le mécanisme gnimnatical. — Avantages de l'extinction. — Y a-t^il de* formes fntalemcnl cendsmnées A dîsparaitrer
," : L'exlînclion des formes inutiles ne doit pas seu- À * lement s'entendre de celles qui, ayant existé durant un temps plus ou moins long, sont sorties de l'usage, mais encore des formes qui, ayant virluellement des droits k l'existence, n'ont jamais été réalisées. On comprend que ce soit ici le règne de l'hypothèse. Néanmoins celte sorte d'infanticide verbal a sa place dans l'histoire du langage.
A considérer les choses en simple statisticien, on croirait la surproduction inévitable. Si le grec poursuivait fi travers tous les temps et tous les modes les trois verbes XcCtiu. ),'.tcw et Xi[j.TC!iv(.>, qui siguifient tous les trois « quitter », ou les trois verbes pi6r,|jii, ^atvw et pintù, qui signifient tous trois « marcher », on aurait une telle abondance de formes que l'esprit
iK LES LOIS INTELLECTUELLES DU LANG«6E.
en serait accablé '. Mais tout le monde sait qu'il D'en est rien ; la sagesse h demi consciente qui préside à l'élaboration du langage fait l'élagage des formes inutiles. Ce qui ue sert pas est supprimé. De là les conjugaisons composites. De li les paradigmes
comme ; /stiru, sXiïtov; ^aivo), Èër,v; ).3;vQàv(ji>, O.^Ho'i.
Quoique composites, ces conjugaisons ne laissent pas d'être régulières, Comme il est dans la nature de l'esprit populaire de procéder avec ordre, il porte l'ordre aussi dans ses radiations. L'aoriste second a partout hérité des formes les plus courtes, tandis que le présent a généralement gardé ce qui reste des formes les plus développées.
Le jeu de la coDJugaison grecque est donc dû fi. une succession de pleins et de vides. Ce n'est pas qu'il ne reste encore des richesses inutiles. Le sanscrit a jusqu'à sept formations difîérentes du prétérit. Certains verbes grecs ont deux aoristes, deux futurs, deux parfaits. Mais k mesure que les langues avancent en fige, elles se débarrassent de leur superûu. Ce tlottemenl qui permet à la langue homérique le choix entre trois ou quatre formes n'existe plus dans le grec de Lucien '.
L'extinction des formes inutiles va si loin qu'elle assemble des verbes différents en une seule et même