‹ Essai de sémantique: science des significations (volume 2)Chapitre 3 sur 76 · IDEE DE CE TRAVAIL. S · texte numérisé non relu

IDEE DE CE TRAVAIL. S

construit, comiueat il a perfeclioimé, à ti"avers des obstacles de toute nature et malgré d'inévitables lenteurs, malgré même des reculs momentanés, le plus nécessaire instrument de civilisation. Il lui apparlienl de dire aussi par quels moyens cet outil qui nous est confié et dont nous sommes responsables, se conserve ou s'altère.... On doit étonner étrangement le lecteur qui pense, quand on lui dit que l'homme n'est pour rien dans le développement du langage et que les mots — forme et sens — mènent une existence qui leur est propre.

L'abus des abstractions, l'abus des métaphores, tel a été, tel est encore le péril de nos études. Nous avons vu les langues traitées d'êtres vivants : on nous n dit que les mots naissaient, se livraient des combats, se propageaient et mouraient. Il n'y aurait aucun inconvénient h ces façons de parler s'il ne se trouvait des gens pour les prendre au sens littéral. Mais puisqu'il s'en trouve, il ne faut pas cesser de protester contre une terminologie qui, entre antres inconvénients, a le tort de nous dispenser de chercher les causes véritables '.

I. En éi^rimit ceci, je pense t loule une série do livres et d'arliclcs tant étrangers que rraii;aïs. Le Iccleiir frnncnU se souviendra surtout du ptUl livre d'Ariftnc I larmes te ter, la Vie det moU. Il est cerlnin t\«e l'oitleur a trop prolongiï. trop poussé h fond ta comparaison, do telle Hortc s[ne por moments il a l'air do croira li ses métnpliores, (IfTaut pinliinnatite si l'un pcnsn i. l'entraînement de la rédacLian. J'ui été l'ami, leur «ie durant, de* deux Uirnwsleter, ces A^vins de la p1iil<)logie française, j'ai readu liommagu a leur mémoire, et je serais désolé de rian dire qui piU l'ulTunser. (Voir H In fin de ce volume mon article ■ur la Vit dt» taàtit.)

ESSAI DE SÉMAMIQtE.

ido-européeanfs sodI eoodamB

Elles ne peuteot pas plus y ^1

J ^iie 1 homme, selon le proverbe arabe, ne saurait

.] Bailler hors de son ombre. La slnicture de la |)bra««

les y oblige : elle est ime tenlatioo perpèliielle à

I animer ce qui n'a pas de vie. à cban^r en acles ce

qui esl UD siiui»ie élat. Même La sècbe grammaire ae

lieuL s en (K-feadre : qu'est-ce autre cfao»e qu'un com-

luoiicemenl de mythe, quand nous disons qoe r^-»*

I pirte ses tem//s à fi^ii, ou que dou prtnd un < au plo-

j riel? Mais les linguîslos, plus que d'autres, devraient

I ûlrC'Cn gftrde contre ce piège...

i'<c n'est pa» seulement l'homme primitif, l'homme do la nulure, qui se prend pour mesure et pour tQodèlo de toute chose, qui remplit le cîel et l'air d'ûLres Heniblahles à lui. La sciente o'est pas exempte de celte erreur. Prenez le tableau généalogique des l&ngucR, coiiinic il esl décrit et même dessiné en maints uiivratî^» : n'est-ce pas le produit du plus pur anlliroponiorphisnie? Que n'a-t-uo pas écrit sur la dilVérence des langues mères et des languts fiUes'i L(-s langues n'ont point de tilles : elles ne donnent j'iih nuii (iluslc jour ii des dialectes. Quand on parle tlu prolo-liellénique ou du proto-aryen, ce sont des i lifibitudes de pensée empruntt^es à un autre ordre d'idées, c'est la linguistique qui conforme ses hypoj Ihéseg sur le modèle de la zoologie. Il en est de ni^ine pourceLle langue indo-européenne proellinique

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