IRRADIATION. T
timent que nous avons du latin leur donne raison — que dans le participe est contenue une idée d'obligation.
Cette idée d'obligation y est cependant entrée après coup. En effet, les participes en dus, da, dum, ainsi que les gérondifs correspondants, n'exprimaient pas aulre chose à l'origine que l'idée de l'action, soit passive, soit active. C'est ce que montrent bien les anciennes formules officielles. « Ont assisté à la rédaction de l'acte » se dit en latin : Srribendo adf venait. « A présidé a l'exécution de l'ouvrage » se dit : Prsefmt operi faciundo l . Les écrivains latins nous ont d'ailleurs laissé d'assez nombreux exemples de ce sens purement actif ou passif. Tite-Live raconte que les Gaulois furent taillés en pièces pendant qu'ils recevaient l'or de la rançon de Home : inter accipiendwn aitrum cœsi sunt. Cicéron, dans son Traité des Devoirs, parle successivement de l'injustice commise ou subie. Il termine la première partie par ces mots : De inferenda injuria salis dietum est. « En voilà assez sur les injustices que l'on commet soi-même. »
J'ai multiplié à dessein les exemples à cause des idées fausses qui régnent encore sur ce point*. La
i. Ou même operi* faciundo (Orelli, 51:37), en faisant de faciundum un substantif neutre, semblable pour le sens au français confection.
2. La vraie solution a été donnée par M. L. Havet. Les exemples ont été réunis par noire élève regretté S. Dosson, De participa gerundivi significatione, Hachette, 1887. Voir aussi ce que j'ai dit dans les Mémoires de la Société de linguistique, VIII, 307.
nécessite n'est qu'une nuance subsidiaire qui a pénétré par surérojrnlion dans les formes de ce genre. Pour s'expliquer comment elle y a pénétré, il faut considérer certaines formules comme : Decemviri creati simt Ic/jibus scribtmdis. — Qualtitor viri viarwn curandamm.
Mettez dans ces formules un substantif au lieu du verbe, le sens restera le même. Cependant le substantif n'a rien en lui-même qui indique l'idée d'obligation.
Tout le monde connaît la distinction que la linguistique fait entre « l'élément matériel » et « l'élément formel » des mots. A toute époque on s'est demandé si ces deux éléments sont de môme origine, ou s'il n'y a pas entre eux quelque différence de nature. Je n'ai pas à traiter présentement celte question. Je veux seulement montrer qu'il peut nous arriver de considérer comme appartenant à « l'élément formel » des lettres ou des syllabes prises sur « l'élément matériel ». C'est un phénomène d'irradiation.
Un exemple nous est fourni par les parfaits grecs en xx, comme AÉAjxa, -îsIay.xx. Georges Curtius, avec une rare clairvoyance, a montré que ce x n'est pas différent du c de faeio, jacio, et qu'il est encore