IRRADIATION
englobé dans la partie « matérielle » du mot en certains verbes comme y.xw, spxco, o/ixco '. 11 a suffi qu'il fût voisin de la désinence pour qu'il devint désinence lui-même. Appeler un tel phénomène « attraction » ou « adhérence », c'est le nommer sans l'expliquer. Le besoin d'un exposant clair et commode a opéré ici cette métamorphose : il a fait incorporer à la désinence ce qui n\ appartenait pas, et a enrichi l'élément formel aux dépens de l'élément matériel. C'est dans quelques parfaits comme oiowxa, scrTT.xa, que la chose a commencé. Mais une fois que le x a été élément significatif, il est entré dans tous les verbes.
Voici deux autres exemples pris à l'autre bout de l'histoire des langues indo-européennes.
M. Wheeler nous apprend comment le peuple des États-Unis trouve moyen de donner un singulier à des mots pris à tort ou à raison pour des pluriels, comme Chinese, Portugae.se. Va\ regard de Chinesc (prononcez Chaintz) il a fait un singulier Chinée (prononcez C/taïni); en regard de Portuyuese il a fait Portwjuee. De cette façon, la désinence se passe à l'état d'élément « formel » -\
A entendre l'allemand parlé, on pourrait croire
1. Voir ses (Jrundziïge (.V édit.). p. (H. M. Ascoli avait déjà conjecturé quelque chose «le semblahle. C'est le même c que nous avons en lutin dans fecundu*. jucundus.
2. 11 parait même qu'au mot français chaise on a trouvé un singulier. ithay. Wheeler, Analogy, p. 14.
5i LES LOIS INTELLECTUELLES DU LANGAGE.
qu'il existe une seconde personne du verbe qui se termine en e : Da biste? — Lebste auch noch? — Was mehiste? — Jetzt haute '.y. L'origine de cet e n'est pas douteuse : il y faut voir un reste du pronom de la seconde personne du, dont la consonne s'est éteinte et dont la voyelle a fait corps avec le verbe. Mais si ces secondes personnes nous venaient d'un âge lointain, on prendrait la voyelle pour un reste de désinence.
Ces exemples, dont l'un nous reporte aux premières périodes de la langue grecque, dont les deux autres sont de notre temps, montrent qu'il se fait des emprunts de l'élément formel à l'élément matériel, l'irradiation étant la cause de ce transformisme.