Journal de Kuhn, XXV
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lalin uber et rallemand Euter, ainsi que par le ! cril ûdhar. Ces noms en -ao, aroç se sont multij pour marquer quelque partie du corps. On a y< « les deux genoux », ware, « les deux oreill TupodoiTcare, « les deux yeux », et môme xàpYiap. tête ».
On compte enfin dans toutes les langues quel mots qui, rapprochés par le sens, ont auss rapprochés par la forme. Le grec, par exer a ^apuyS et cpàpuy?, duptyS et ffàXTriY?; le sansc angustha, « le pouce » ; ôstha, « la lèvre » ; ko « le ventre » ; upastha, « le giron » ; les lan celtiques ont leurs mots en arn et en orn : va restes de classification, aux trois quarts eff; comparables à ces alignements qui attestent en< sur remplacement des villes disparues, que hommes ont autrefois essayé d'y bâtir en ( leurs demeures*.
Des mots comme ratiocinari, latrocinhim, ne j raient s'expliquer sans l'analogie.
Le point de départ est vaticinium. L'imporI des oracles, leur habitude de présenter les pr tions sous forme de vers, sont bien connues. Al tation de vaticinari^ on a fait sermocinari, rai nariy qui paraissent avoir surtout eu leur ] dans la langue des écoles. Un exercice de comi çant s'est appelé tirocinium, qui, à son tour, une extension où Ton ne peut méconnaître nuance ironique, a donné latrocinium, lenocin
C'est surtout dans la syntaxe qu'on a l'occf
1. Voir Bloomfleld, On adaptation of suffixes in congi classes of subslanlives. Baltimore, 1891. — Ziinmer, Ami Journal ofPhilology, 1895, p. 419.
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d'observer cette sorte de symétrie. Beaucoup de constructions qui répugnent à la pure logique trouvent par là leur explication. Si les verbes signifiant « prendre, ravir, enlever » se construisent en latin avec le datif, c'est que « donner, attribuer, offrir » se construisent avec le datif. Si Ton dit diffidere alicui, c'est qu'on dit credere alicui. Si l'on dit avec le génitif obliviscitur nostri^ c'est qu'on dit avec le génitif meminit nostriK Enfin si l'on dit, avec l'ablatif, in urbe, qui a l'air d'impliquer une contradiction, puisque l'ablatif marque une idée d'éloignement, c'est qu'on disait ex urbe, ab urbe. C'est ainsi encore qu'en allemand in dem Haus, zu dem Haus^ où in, zu se construisent avec le datif, a conduit à employer le datif dans des locutions comme aus déni Haus, von dem Haus. Comme on dit en anglais agrée with some one, on dit differ with some one.
Il suffit d'écouter parler les personnes qui savent imparfaitement une langue, et d'observer les fautes qu'elles commettent, pour voir qu'elles se laissent ordinairement guider par des associations de ce genre.
D. Analogie pour se conformer à une règle ancienne ou nouvelle. — Ces mots ont besoin d'être expliqués. Il est question ici d'une règle non formulée, que l'homme s'efforce de deviner, que nous voyons les enfants tâcher de découvrir : en la supposant, le peuple la crée. L'idée que le langage obéit à des
1. Obliviscor signifie littéralement « jaunir, s'effacer ». La métaphore vient d'une écriture qui pâlit. Varron {De L. L., V, 10) appelle les mots sortis de l'usage : oblivia verba.
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voyons un féminin felix (de fela^ « mamelle » ) produire un masculin et un neutre*.
Il est intéressant de voir avec quelle ponctualité lo *»Agig^ yjjç fQJg admise, est obéie et appliquée. Le liste qui assiste à ce spectacle, et qui, connaisles éléments mis en œuvre, voit les matériaux ►lus disparates passer par la filière, ne peut pêcher d'en admirer le fonctionnement. On a oprement appelé ceci une contrainte {Systemig). Il n'y a point de contrainte : il n'y a qu'obéise volontaire à la règle, i voici quelques spécimens.
>us sommes habitués à voir les verbes grecs dre à l'imparfait et à l'aoriste l'augment syllae ou temporel. Mais nous ne sommes pas pré- 3 à voir l'augment modifier un adverbe ou un om. C'est pourtant ce qui se passe quand des composés comme oiridÔocpuXa?, « arrière-garde », LoXoç, u déserteur », donnent naissance chez )phon à des imparfaits comme wTcidÔocpuXaxei et 5 aoristes comme viÙTOfjLoXrids. Le redoublement, tait une sorte d'affirmation plus explicite, avait îns quand c'était la racine verbale qu'on redou- : o8o)oa, TiYaYov. Mais des verbes simples, le ublement passa aux verbes dérivés et composés, inscription parlant de personnages qui avaient le titre de gymnasiarques, pi^oduit ce participe lit : YeYU[jLvaTiap;(r,>coTa)v. Personne ne s'en étonne, le philologue, qui y voit un exemple de la [ue populaire. En grec moderne, où l'augment iste, on le place sans hésiter devant les prépo-
<'elicia arma. Félix omen.
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îurément poursuivi. A qui étudie le verbe grec, 5t impossible de méconnaître une intention de ipléter les cadres : à côté de Taoriste indicatif X Ton trouve un aoriste impératif XudaTw, un ste optatif Xudaijjii, un aoriste participe Xùdaç. L'a se retrouve dans ces diverses formes en est ime la signature.
'allemand fait un emploi singulier du verbe m : Esgibt Leute, es gibt Zeiten. D'où vient cette ition bizarre? — Elle est une extension, par logie, d'une expression qui a pris naissance chez aboureurs et les marins : Es gibt Regen, es gibt id K
ar ce qui précède, on voit ce qu'il faut penser de alogie. A considérer l'usage qui en est fait dans Iques livres récents, on la prendrait pour une ide éponge se promenant au hasard sur la gramre, pour en brouiller les formes, pour effacer 5 motif les distinctions les plus légitimes et les j utiles. Tel n'est pas son caractère : elle est, contraire, au service de la raison, raison un
courte, un peu dénuée de mémoire, mais qui i est pas moins le vrai et nécessaire moteur du rage.
ne question souvent discutée a été de savoir si ms la jeunesse de nos langues » l'analogie avait mt de pouvoir qu'aujourd'hui. « Peut-on admet-
dit Curtius, des formations analogiques pour temps si reculés?... Les formations analogiques ne paraissent très vraisemblables que pour les odes récentes.... Ce n'est certainement pas un