LA MÉTAPHORE
et adaptées. Les métaphores se traduisent, ( on le voit par des exemples tels que s'expri^ sich ausdrùcken^ décider et entscheiden^ décoii entdecken^ comprendre et begreifen^ succom unterliegen^ confirmer et bestàtigenK Le diffu de reconnaître chaque fois s'il y a emprunt c contre tenant à l'identité de l'esprit humain. ^ emprunt ou rencontre quand le latin appel traction ce que le grec appelle TrepicrTracrfxoç, c ^ire l'état d'un esprit tiraillé entre divers Est-ce emprunt ou rencontre, quand l'anglai par le verbe answer (littéralement « jur retour ») l'acte de répondre à une question, latin rend par re-spondere ?
Ici vient se présenter une question partie Chez les vieilles nations de l'Europe — soit em soit rencontre — il existe un fond comm métaphores qui constitue une certaine un culture. Les nations arrivées un peu tard au degré de civilisation ne tardent pas à s'appn en les traduisant, ce stock d'expressions mél riques. Il serait peu équitable de le leur repr car elles usent du même droit que leurs aînée n'y a aucune raison pour leur en faire un gr songe en ce moment au peuple hellène à q\ reproche de faire ce que chaque nation d'Eui fait à son heure ^. J'en donnerai un seul ex(
1. Sur ces imitations, dont on trouve des exemples dan les langues, voir L. Duvau, dans les Mémoires de la So linguistique^ VIII, p. 190. Un spécimen intéressant est çais compagnon, qui a son prototype dans le gothique g (de hlaifs, « pain «).
2. Voir entre autres des imitations du latin par le vie dais. Journal de Kuhn, XXX, 255, article de Zimmer
Pour exprimer : « Je ne suis pas d'accord avec vous », les Grecs disent : lyw 8èv aujxcpwvw. N'est-ce pas ce que dit aussi TAllemand : Ich slimme nicht mit Ihnen ùberein ? Ou simplement : Esstimmt nicht. Fallait-il se l'interdire parce qu'il nous a plu de créer le mot symphonie! Au reste, le grec a tout l'air d'être ici l'original, et nous les imitateurs, car déjà sur les papyrus égyptiens du temps des Ptolémées nous avons Gufx^covov en parlant d'un accord intervenu entre deux parties *.
Quand la métaphore est assez refroidie pour constituer un mot nouveau, elle devient indépendante du sens propre, et suit sa destinée à part. Chef^ au sens de « conducteur, directeur », est un de nos mots les plus usités, quoique, au sens de tête, il soit près de disparaître. Concours est le nom de beaucoup de luttes, mais il a cessé de désigner les courses de chevaux, qui était le sens originaire.
La loi des métaphores est la même que pour tous les signes. Une métaphore étant devenue le nom de l'objet peut de nouveau, partant de cette seconde étape, être employée métaphoriquement, et ainsi de suite. C'est ce qui fait que pour les philologues les langues modernes sont d'une étude plus comphquée que les anciennes. Mais pour l'enfant qui apprend à les parler, la complication n'existe pas : le dernier sens, le plus éloigné de l'origine, est souvent le premier qu'il apprend. Ce qu'on appelle l'argot ou le slang se compose en grande partie de métaphores très éloignées de leur point d'origine : cependant c'est une langue qui s'apprend aussi vite que les autres.
1. De là aussi àpfjLadT^ (pour àp{j,oaTyi) qui désigne en grec ^ moderne V accordée, la fiancée.
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