‹ Essai de sémantique (science des significations)Chapitre 73 sur 87 · Mort à Stockholm en · texte numérisé non relu

Mort à Stockholm en

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passé en se gardant de perdre le contact avec le présent.

est impossible que le néologisme, après s'être yé sur les mots, n'en vienne pas à s'attaquer i à la construction et à la grammaire. Mais il y outre une résistance plus grande. C'est à peine Lisqu'à présent, nous pouvons compter trois ou re tours nouveaux qui aient plus ou moins si à se faire adopter. Il y a à ceci de bonnes )ns. Changer la construction, changer les locu- 5, c'est toucher aux œuvres vives : c'est s'atta- ' à un patrimoine qui représente des siècles de erches et d'efforts.

n'est que juste de faire ici la part d'une suite de ailleurs obscurs, modestes, dont le nom est urd'hui rarement cité, mais dont l'œuvre sub-

: je veux dire la série des grammairiens fran-

depuis Ménage jusqu'à d'Olivet. Je tiens à

quer ici la part de reconnaissance qui leur est

caria linguistique moderne n'est que trop disse soit à nier, soit même à condamner leur lence.

îs bons esprits qui s'appelaient Du Perron, Teteau, Malherbe, La Mothe Le Vayer, Vaugelas, pelain, Bouhours, n'étaient pas des savants de er, mais pour la plupart des gens du monde n goût naturel avait conduits à s'occuper des dèmes ou difflcultés de la langue française. Ce is avaient en vue, c'est par-dessus tout la purelé i langue; ce qui signifiait d'une part : clarté, et

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d'autre pari : décence; Élaguer les expressions impropres ou mal venues, faire la guerre aux doubles emplois, écarter tout ce qui est obscur, inutile, bas, trivial, telle est Tentreprise à laquelle ils se vouèrent avec beaucoup d'abnégation et de persévérance.

Ils cherchaient les règles^ au besoin ils les inventaient. C'étaient « de belles règles ». Vaugelas déclare qu'il a trouvé « mille belles règles » dans les écrits de La Mothe Le Vayer. « Je tiens cette règle, dit-il ailleurs, d'un de mes amis qui Ta apprise de M. de Malherbe, à qui il faut en donner l'honneun » Et plus loin encore : « Cette règle est fort belle et très conforme à la pureté et à la netteté du langage.... Certes, en parlant, on ne l'observe point, mais le style doit être plus exact.... Les Grecs ni les Latins ne faisaient point ce scrupule. Mais nous sommes plus exacts, en notre langue et en notre style, que les Latins ou que toutes les nations dont nous lisons les écrits. » Le public, en ceci, était de même, et ne demandait qu'à se laisser diriger.

Nous avons quelque peine aujourd'hui à nous figurer un public allant au-devant des interdictions et prêt à enchérir sur les défenses. Le linguiste, en ceci, a contribué à l'éducation du public. Le linguiste moderne ne repousse rien : tout ce qui existe a sa raison d'être.... Mais le point de vue de ces législateurs était autre : et si nous considérons les langues où une période de réglementation a manqué, nous ne pouvons nous empêcher de constater qu'elles gardent comme un manque d'éducation première Ce qu'on doit regretter seulement, c'est que l'épuration ne soit venue de meilleure heure. Les guerres

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de religion ont amené un retard de plus d'un demi- ■' ' '"'sciplinée soixante ans plus tôt, la langue 'dé plus de souplesse, car ces bons maîtres Lssi appliqués à conserver qu'à émonder, ils avaient soin « de toutes les grâces de ^uc », ils auraient sans doute sauvé quel- 1 des vieilles franchises *.

aient et estimaient la besogne dont ils volontairement chargés. Ils en connaisiportance, « car il ne faut qu'un mauvais ' faire mépriser une personne dans une e, pour décrier un prédicateur, un avocat, n. Enfin, un mauvais mot, parce qu'il est larquer, est capable de faire plus de tort iuvais raisonnement dont peu de gens ent ». Ils ont conscience de la durée de ce : « Je pose des principes qui n'auront 3 de durée que notre langue et notre Ce sont des maximes à ne changer car quand on changera quelque chose de le j'ai remarqué, ce sera encore selon ces marques que l'on parlera et que l'on écrira L*... »

lit tort de les prendre pour des logiciens

ai comme exemple le gérondif, dont remploi a été i Texcès. Pour faire comprendre ce que je veux dire, e phrase : « Mon père m'a fait en partant miUe tions ». Aujourd'hui la grammaire veut que « en entende exclusivement du sujet. Il y a là quelque car « en partant » n'est pas autre chose que « au départ », et c'est à nous de l'interpréter comme il près le sens général. L'italien s'est réservé à cet le liberté. 11 est juste d'ajouter que cette règle n'est empiétement observée au xvii* siècle.

LS, Remarques sur la langue française.

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à outrance. Au contraire : ils étaient arrivéa à conviction que la logique pouvait être de mise p£ tout, mais non en matière de langage.... « C'est beauté des langues que ces façons de parler sa raison, pourvu que Tusage les autorise. La biz; rerie n'est bonne que là.... Il est à remarquer q toutes les façons de parler que l'usage a établi contre les règles de la grammaire, tant s'en fa qu'elles soient vicieuses, ni qu'il faille les évite qu'au contraire on en doit être curieux comr d'un ornement de langage, qui se trouve en tout les plus belles langues, mortes et vivantes. »

Le besoin d'ordre et de règle ne se borne pas ai mots: il s'étend aux locutions et aux phrases. « est indubitable que chaque langue a ses phrases, que l'essence, la richesse et la beauté de toutes 1 langues consistent principalement à se servir de c phrases-là. Ce n'est pas qu'on n'en puisse faire qu quefois, au lieu qu'il n'est jamais permis de fai des niots ; mais il faut bien des précautions... sinon, au lieu d'enrichir la langue, on la corrom]

Ces savants du xvn** siècle sont donc convainc qu'en toute rencontre il y a une bonne forme, qu'il n'y en a qu'une. Aussi proscrivent-ils sans hé tation « la mauvaise forme », qui n'est souvent q la forme moins usitée ou plus ancienne.

L'idée de l'utilité l'emporte chez eux sur tou autre considération: comme les hommes ont re le langage pour se faire comprendre, admettre de formes entre lesquelles serait laissée l'option, sen ouvrir la porte aux malentendus et aux disputes, ne s'agit donc pas pour le grammairien de dérober et « de gauchir aux difficultés ». Il les fa

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