‹ Essai de sémiologie urinaire: méthodes d'interprétation de l'analyseChapitre 10 sur 53 · VALEUR ET PORTÉE DE L ANALYSE UROLOGIQUE · texte numérisé non relu

VALEUR ET PORTÉE DE L ANALYSE UROLOGIQUE

effet, non seulement ce qu'un adulte, de taille moyenne, soumis à un régime mixte, doit rendre chaque jour en moyenne par son urine ; mais on sait aussi dans quels rapports les principes constituants de cette urine doivent être entre eux pour indiquer une nutrition normale. C'est qu'il y a deux choses à considérer dans la nutrition : d'abord la quantité de l'apport nutritif qui doit être proportionnée à l'âge et aux autres conditions physiologiques du sujet ; c'est la ration alimentaire^ que l'on divise, suivant les cas, en ration d'entretien, ration de travail et ration de croissance. Chacune de ces rations comporte une quantité déterminée de substances alimentaires (azotées et hydrocarbojiées) qui doivent se retrouver dans l'urine en proportions absolues et relatives correspondantes. A côté de la quantité des ingesta, il y a lieu de se préoccuper, en outre, de la qiuUité des excréta, c'est-à-dire de la façon plus ou moins parfaite dont les aliments sont utilisés par l'organisme, et c'est encore l'étude des déchets urinaires qui nous renseignera le mieux à cet égard. Ainsi, la quantité absolue des déchets urinaires indique, toutes choses égales d'ailleurs, si la quantité des aliments est insuffisante ou excessive, si même l'insuffisance ou l'excès constatés portent sur tel ou tel groupe d'aliments, sur les albuminoïdes par exemple, les hydrates de carbone ou les graisses. Enfin, la considération de la qualité de ces mêmes excréta, c'est-à-dire de leur pondération respective, indique si les aliments ingérés ont été normalement

24 SÉMIOtOGIE URINAIRE

utilisés, si la désassimilation a également porté sur les uns et les autres, ou si Tun quelconque est en retard ou en avance sur les autres.

Supposons maintenant que Ton sache ce que deviennent dans l'organisme les diverses sortes " d'aliments ou, pour parler plus exactement, sous quel mode chimique ils doivent s'éliminer et à quels groupements cellulaires correspond leur désassimilation respective, on aura, de ce fait, un puissant moyen d'apprécier à la fois et l'état général de la nutrition et le fonctionnement des organes qui y concourent.

Or, le mode chimique de la nutrition nous est connu. Voici comment M. Ghiaïs, qui a fait une étude spéciale de cette question, en définit les caractères :

a 1» Les produits ternaires, dit-il, d'origine alimen- « taire, aussi bien que ceux qui sont d'origine intraci oi^anique , n'apparaissent dans l'urine qu'en « quantité inappréciable ; ils sont réduits en eau et « en acide carbonique ; 2<» Les produits quaternaires « n'apparaissent dans l'urine qu'en très faibles quan- « tités , qu'on ne peut constater qu'en traitant « l'urine par l'alcool absolu ; ce sont les néphrozy- « mases. Les matières quaternaires d'origine ali- « men taire sont réduites totalement en eau, acide « carbonique, urée, acide urique, créatine, créati- « nine, etc., phosphates, sulfates, chlorures. Les

« divers résidus de la réduction in Ira- organique « des albuminoïdes sont entre eux en rapport de

Page 1