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obtient les normales physiologiques? imputables à chaque individu.
Pour traduire graphiquement les variations des éléments entre eux et avec la normale, Gautrelet adopte, pour la normale d'excrétion de chaque élément, le chiffre 100, qui correspond à une ligne
horizontale, au-dessus et au-dessous de laquelle il trace des lignes parallèles, espacées de dix en dix divisions, les inférieures allant, pg.r exemple, de 100, qui est la normale, à 10, et les supérieures de 100 à 300 et au delà. Chaque élément de l'urine est représenté dans ce graphique par une colonne spéciale, comme l'indique la figure ci-contre. Gela posé a à « tout pointage inférieur au chiffre 100 correspond
• une diminution dans l'excrétion de l'élément
• repéré, de même qu'à tout pointage supérieur à t 100 correspond une exagération dans l'excrétion « urinaire de cet élément ('). »
En réunissant les divers pointages par des lignes droites, on obtient une ligne brisée, qui représente les variations relatives ou absolues de chaque élément pris isolément, ou de tous les éléments en général.
D'autres urologistes ont, depuis, cherché à simplifier ce graphique et le présentent sous )a forme suivante, que nous empruntons au Manuel pratique ^analyse des urines de Liotard. Dans ce schéma (fig.2)les éléments urinairessont représentés d'après les conventions suivantes :
L acide urique En décigrammes.
Les chlorures J
L'urée ; En grammes.
L'acide phosphorique. . • ]
(1) Cf. Gautrblbt, Spectroscopie critique, loc, «Y., p. 145 el 8s.
SEMIOLOGIE URINAIRE
La densité est représentée par les deux derniers
chiffres de droite du nombre qui Texprime, et le volume en centaines de centimètres cubes.
Ce schéma, comme celui de Gautrelet, suppose des unités urologiques invariables et applicables à tous les sujets indistinctement.
Mais Liotard admet , comme poids moyen de l'adulte, 60 kilog.; appliquant alors la formule de Gautrelet, il corrige le poids réel en fonction de Tâge et de la taille et obtient de la sorte un poids calculé ; la moyenne entre le poids réel et le poids calculé lui donne le poids rationnel y qu'il suffit ensuite de multiplier par les unités urologiques normales, pour obtenir les normales d'excrétion de chaque sujet.
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MÉTHODES EMPLOYÉES EN SÉMIOLOGIE URINAIHE 65
Nous ne nous attarderons pas, pour le moment du moins , à discuter la méthode de Gautrelet ; les (éjections que nous aurions à lui faire s'adressent, d'ailleurs, tout aussi bien à la théorie bien autrement scientifique du professeur Bouchard, qu'il nous reste maintenant à examiner.
Bouchard a bien vu comment se pose le problème, et il l'énonce de la façon la plus heureuse et la plus synthétique dans cette courte formule que « l'homme « n'est pds une unité toujours comparable à elle^ « même (*). » Pouvait-on, en effet, assimiler le nouveau-né à l'adulte et celui-ci au vieillard, le nain an colosse, le maigre à l'obèse ? C'est alors, ajoute Bouchard, qu'on sentit la nécessité de décomposer Vindividu en unités plus simples (-). »
On considéra, tout d'abord, la taille et le poidSj mais surtout ce dernier, la taille n'intervenant, en fin de compte, que comme correctif du poids. On se disait qu'à un corps de poids normal devait correspondre une taille en rapport avec ce poids, et l'on connaît les formules empiriques qui, de la taille, permettent de déduire le poids qu'aurait le corps, si ce poids était normal. On trouvera la réfutation magistrale de ces théories dans les travaux de Bouchard, que nous ne faisons que résumer ici. Nous nous bornerons à transcrire cette affirmation du savant professeur que : « Le Kilogramme corporel « n^est pas une unité qu'on puisse adopter comme
(1) Bouchard, Pathologie générale ^ t. ill, p. 181»
(2) h.,, ibid..
CG SÉMIOLOGIE URINAIRE
€ terme de comparaison pour V estimation de Vin- « tensité nutritive (') » et, non pas seulement le kilogramme réel ou effectif, mais encore le kilogramme théorique, tel qu'il serait si le corps avait lui-même son poids théorique, c'est-à dire normal.
Ayant éliminé le kilogramme corporel comme unité active, le professeur Bouchard a cru pouvoir lui substituer le kilogramme de l'albumine constitutive des tissus. Ici nous entrons dans le cœur même de la question, car l'urine traduisant presque uniquement la métamorphose régressive de l'albumine d'une part, et, dé l'autre, les métamorphoses, au point de vue de la nutrition, ne portant que sur l'albumine fixe, il est manifeste que « ce qui est Ci actif jC*est l'ensemble des tissus azotés, et ^dans ces « tissus azotés f c*est l'albumine. . . Et ce n'est pas « toute Valbumine, ce n^est pas Valbumine circula lanie, l'albumine du plasma sanguin ou du plasma a lymphatique, c'est l'albumine des cellules, c'est a Valbwnine fixe. » — ^ Le kilogramme d'albumi^ie a fixe, ajoute Bouchard, est do^ic notre unité a vivante,., et il faut que nous puissions savoir « quelle est sa masse chez chaque individu, sous a peine de ne pouvoir nous rendre un compte même « approximatif de ce qu'est l'intensité de la a nutrition (^). »
On ne saurait nier l'ampleur et l'ingéniosité de
(1) Bouchard, loc. cU,, p. 182.
(2) Id., ibid.y p. 184-185.
cette conception ; ' mais le problème qu'elle pose est -il soluble ou, pour mieux dire, est-il résolu par Bouchard ? C'est ce dont on nous permettra de douter.
Eq fait, la théorie de Bouchard comporte la détermination des deux inconnues suivantes :
1° Quelle est, pour chaque individu, la quantité d'albumine fixe contenue dans son corps et participant au processus nutritif? C'est, en effet, la mesure de la destruction de cette albumine qu'il importe d'obtenir pour évaluer l'intensité de la nutrition.
2*» Quelle est la mesure des excitations qui président à la destruction de cette albumine et qui la modifient en plus ou en moins ?
Nous ne pouvons entrer ici dans tous les développements que Bouchard donne à la démonstration de ces deux propositions ; on les trouvera tout au long dans son Traité de pathologie et il faut se condamner à les lire attentivement, si l'on veut se faire une idée quelque peu précise de la question. Disons seulement que la méthode comporte un ensemble de déterminations obtenues, partie par des mensurations directes, partie par le calcul, qui permettraient de connaître la quantité d'albumine fixe réellement détruite par heure ou par vingt-quatre heures et de la comparer à celle qui devrait être détruite dans les conditions normales. Nous reproduisons, d'autre part, le schéma analytique proposé par Bouchard, avec les notes qui l'accompagnent et qui l'expliquent. (Voir le tableau page 68.)
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