VII. — nodlfleatioas de Turlne dans les maladies
da système nerveux.
Le système nerveux étant le grand régul teur de la nutrition, il était naturel de penser que les maladies dont il est le siège devaient se répercuter dans la composition du liquide excrémentitiel par excellence : Turine. C'est, en effet, ce que lexpérience confirme, et il est important de connaître les principales de ces variations pathologiques de l'urine dans les névroses, afin de pouvoir, le cas échéant, les rapporter à leur cause. Cependant, cette question comporte tant de cas particuliers, et aussi tant de cas discutables, que- nous nous bornerons à quelques généralités incontestées.
Nous avons déjà signalé une polyurie d'origine nerveuse ; elle s'observe dans un très grand nombre de cas, et, en particiilier, dans les lésions de l'encéphale et de la moelle épinière, dans les névroses et psycho-névroses (épilepsie- hystérie etc.,) On sait d'ailleurs que la polyurie peut être déterminée expérimentalement par des lésions nerveuses, par la piqûre du quatrième ventricule (Claude Bernard) ;
(t) Mathieu, loc. cit., IV, p. 352.
262 SÉMIOLOGIE URINAIRE
rappelons, en outre, que la polyurie nerveuse est celle où la quantité des urines atteint les proportions les plus élevées ; on a signalé jusqu'à 20 à 25 litres par jour.
Les variations des phosphates ont été étudiées de très près dans Valiénaiion mentale, Yépilepsie et Vhystérie par Mairet, Lailler et plus récemment par Gilles de la Tourette et Cathelineau. Nous avons donné ailleurs les principaux résultats de ces intéressants travaux.
En ce qui concerne spécialement la neurasthénie, le docteur Vigoureux, d'après les analyses de Gautrelet, donne les caractères suivants comme propres à l'urine neurasthénique :
Acidité de beaucoup supérieure à la normale, « C'est, dit-il, le trait le plus saillant et le plus constant de l'urine neurasthénique (*). »
L'urée n'atteint ou ne dépasse que très exceptionnellement la normale.
U acide iirique est également diminué. Il en est de même de Vacide phosphorique, dont le rapport à la%normale est généralement inférieur à celui des éléments fixes.
En résumé, il y aurait augmentation absolue de Vacidité et diminution de tous les autres éléments normaux.
Nous ne saurions admettre ces conclusions relativement à l'acide phosphorique ; nos propres obser-
(1) ViGounoox, Neurasth^ie et arlhî^ilisrne, p, 20.
valions, d'accord avec celles de tous les auteurs, uous ont toujours fait constater au contraire une augmentation des phosphates. Voici comment le docteur Gilles de la Tourette décrit l'urine neurasthénique :
« Par moment, dit-il, les urines, claires, limpides, véritables urines nerveuses, sont abondamment excrétées, mais dans les intervalles variables de cette polyurie, le liquide urinaire est peu abondant, chargé, riche en couleur. Le taux de l'urée est généralement faible, bien qu'il se fasse aussi de véritables décharges azotées; par contre, il existe presque constamment une phosphaturie très, marquée qui indique une élimination exagérée des éléments dont le système nerveux a besoin pour assurer son fonctionnement régulier. En dehors de ces particularités, dans les cas non compliqués, il n'existe ni sucre ni albumine dans les urines (*). »
A. Robin a décrit une variété de neurasthénie dont le signe diagnostique essentiel consiste précisément dans l'élimination par l'urine d'une quantité de phosphore organique, six ou sept fois plus grande qu'à l'état normal, avec prédominance très marquée pendant la période diurne (').
L'urine émise après les attaques d'hystérie est claire, aqueuse, pâle ; la quantité excrétée en 24 heures est normale ou peu augmentée, mais il y a une diminution des matières solides, spécialement de
(1) Gilles db la Todrbttb, Les étais neurasthéniques^ p. 20.
(2) Traité de thérapeutique appliquée, l, p. 185.
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l'urée et de Tacide phosphorique, avec augmentation relative des phosphates terreux par rapport aux phosphates alcalins. Le rapport normal qui est de 1 à 3 tend à se rapprocher de l'unité (inversion de la fonnule des phospfiates).
La formule urinaire de Yaccès d'épilepsie est l'inverse et comporte, au contraire, une augmentation considérable des principes constituants de l'urine.
Dans l'aliénation mentale « l'excrétion urinaire présente de nombreuses modifications suivant la nature des troubles mentaux. Dans la mélancolie et les formes dépressives, les malades urinent peu, l'urine est plus dense, l'iu'ée et les chlorures diminuent, l'acide urique et les urates augmentent ; bref, la nutrition est ralentie. Dans la manie, il y a une diminution des phosphates non seulement d'une manière absolue, mais encore proportionnellement aux autres déchets organiques. Dans la démence, l'excrétion urinaire est diminuée quantitativement et qualitativement. Dans la manie l'urine perd une grande partie de sa toxicité par suite d'une rétention morbide des déchets normaux toxîques de l'organisme (*). »
L'albuminurie s'observe assez souvent chez les aliénés ; plus souvent encore la glycosurie et l'oxalurie ont été signalées.
Nous avons vu d'ailleurs qu'il y a des albuminuries et des glycosuries nerveuses.
(1) Cf. Lb Gendre, lac. cit„ p. 335.
De même rindican a élé constaté dans les maladies de la moelle épinière et l'épuisement nerveux (Excès de coït, onanisme, etc.).
¥111. — Modlfleatlonii de l'urine danii le» maladies
constiiatlonnelles .
Chlorose. — Hayem a constaté dans la chlorose confirmée une notable diminution de Turée qui s'abaisse au tiers ou même au quart de la quantité normale.
La diminution des phosphates et la présence de l'urohématine ont été signalées par A. Robin. On trouve parfois de l'indican.
Dans Va7iémie pernicieuse on a tour à tour observé une augmentation et une diminution de l'urée. Le chlorure de sodium est en général diminué, tandis qu'on constate une élévation du taux de l'acide urique.
L'urobilinurie est fréquente et, d'après Hayem, irait en s'accentuant avec les progrès de la maladie. L'indican est très abondant et il n'est pas rare de rencontrer de l'albumine.
LeucOcythémie. — Le fait urologique dominant est l'augmentation de l'acide urique ; on en a dosé 3,40 (Laache). Les phosphates et les sulfates sont augmentés. L'urée est le plus souvent diminuée, mais augmente dans les formes graves. On a signalé quelquefois de l'ajbumine.
266 SÉMIOLOGIE URINAIRE
Rhumatisme articulaire aigu. — On a
signalé une augmentation de Tacidité, les sédiments d'uratessontabondantsetralbuminurieestfréquente.