‹ Essai de sémiologie urinaire: méthodes d'interprétation de l'analyseChapitre 38 sur 53 · X. — Hodltieaitona de l*iuine «tans les maladies · texte numérisé non relu

X. — Hodltieaitona de l*iuine «tans les maladies

de la pei

Certaines affections de la peau provoquent des troubles nutritifs plus ou moins profonds qui se répercutent sur les excréta urinaires.

Quinquaud a trouvé une diminution de Turée dans les affections cutanées exfoliantes, et Vidal a vérifié le même fait ; dans ce cas, l'urée s'accumule dans le sang qui en contient cinq ou six fois plus qu'à l'état normal (*).

Dans un cas dHmpetigo, Benecke a trouvé une augmentation des matières azotées (urée et acide urique), une diminution des chlorures.

Le docteur Jacquet a publié tout récemment un important travail sur la nature et le traitement de la Pelade ^Ad^ns lequel il a tout particulièrement étudié l'urologie des péladiques ; ses analyses, fort nombreuses, comportent toutes la détermination des rapports urologiques et ont toutes été exécutées avec une conscience et une précision remarquables. Pour lui, la pelade est entretenue par un trouble nutritif dont la pertiirbation des excréta urinaires donne partiellement la 7)iesure, Voici les caractères les plus saillants de ces perturbations urinaires :

« D'abord un trouble quantitatif de la diurèse : je relève la polyurie, allant de 1,600 à 3,500 centimètres cubes, en 10 observations.

(1) Cf. Le Gendre, toc. cit.y p. 353.

Dans 4 autres, il y a, au contraire, oligurie, de 950 à 800 centimètres cubes.

Ce trouble fonctionnel de diurèse paraît éminemment variable : chez un malade, les urines recueillies quotidiennement pendant un mois oscillaient en quantité de 1,000 à 2,500 centimètres cubes. Chez plusieurs malades j'ai noté une variabilité analogue.

Les rapports urologiques, comparés à rétalon normal admis par Vieillard, se sont montrés troublés de manière constante et notable; le rapport azoturique, c'est-à-dire le coefficient d'utilisaiion azotée, a été trouvé 16 fois sur 21 au-dessous de la normale ; le coefficient de déminéralisation, c'est-à-dire le rapport des matériaux inorganiques de l'urine aux matériaux solides pris en bloc, a été de façon constante^ 21 fois sur 21 analyses, supérieur à sa proportion ordinaire, et cela dans des limites variant de 31 à 42 «/o.

Les rapports du chlorure de sodium à l'urée et du chlorure à l'azote total, en 18 cas, ont été très supérieurs à leur taux normal, et l'on peut dire que V hyper chlorurie est chez les peladiques à peu près constante.

. Les rapports de l'acide phosphorique à l'urée et à l'azote total se sont montrés plus variables ; pourtant Vhypophospfiaturie n'a pas été notée moins de 15 fois. Et 15 fois aussi je relève la baisse de l'excrétion du soufre: hyposulfaturie ; il est bon de faire remarquer à ce sujet que le soufre entre pour une part importante dans la composition des poils.

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Quant aux éléments anormaux, ils ont été trouvés avec une fréquence relative : jamais de sucre, ce qui, je l'avoue, m'a un peu étonné ; mais l'albumine 5 fois (1), 2 fois seulement en proportions dosables ; 5 fois les pigments et acides biliaires ; 5 fois aussi Toxalate de chaux et une seule fois rurobiline(»). *

Ce qui se dégage de ces analyses c'est l'existence d'un trouble nutritif, d'un vice du trophisme général ; mais si l'on se demande dans quelle mesure cette viciation urologique est spéciale à la pelade, le docteur Jacquet répond, avec infiniment de sagacité, qu'il la considère simplement comme un humus distrophique commun à beaucoup d'affections du même genre: eczéma, herpès, psoriasis, etc.

Cette notion A'hionu^ distrophique révélé par l'analyse urinaire mérite d'être retenue; dans les maladies que nous venons de passer rapidement en revue, le trouble nutritif est la conséquence du mal, le distrophisme est secondaire ; dans celles, au contraire, que nous allons étudier, Vhumics organique est primitivement modifié ; les manifestations morbides dérivent du distrophisme et ne le créent pas,

(1) Docteur Jacquet, Sur la nature et le traitement de la pelade^ Paris, 1900, p. 37 et ss.

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