CHAPITRE IV
De même que le foie est le principal organe d!! élaboration de la matière excrémentitielle,(ie même le rein en est le principal organe à' élimination^ au moins pour la partie azotée. On conçoit, dès lors, rimportance qui s'attache à l'intégrité du filtre rénal et combien il est utile que le médecin puisse la vérifier à chaque instant. L'examen de l'urine lui en fournit les moyens et nous n'hésitons pas à proclamer que c'est surtout à ce point de vue particulier qu'il est d'un puissant sec.ours pour le diagnostic comme pour le pronostic ; ceci n'est d'ailleurs pas à démontrer et il serait au moins superflu d'y trop insister.
I. — Néphrites. — Les altérations pathologiques du filtre rénal sont communément étudiées sous le nom générique de néphrites; bien que cette appellation n'embrasse pas, à beaucoup près, toutes les
maladies du rein, elle s'applique pourtant au plus grand nombre et aussi aux plus graves.
Sans entrer dans le détail des nombreuses classifications proposées pour les néphrites, nous nous bornerons à dire que les néphrites comportent comme symptôme fondamental, une albuminurie spéciale, que Ton désigne soi]s le nom d'albuminurie brightique.
Cette albuminurie brightifue doit être soigneusement distinguée des albuminuries fonctionnelles^ que nous avons signalées, au chapitre de l'albumine, comme complication de certains états morbides ou résultat de troubles fonctionnels.
L'albuminurie, dont nous nous occupons ici, est liée à la néphrite et en constitue le symptôme primordial ; toutefois elle n'est pas la seule modification pathologique imprimée à l'urine et l'urine brightique présente un ensemble de caractères spéciaux que nous devons étudier en détail.
Avec Lécorché et Talamon, dont nous ne faisons que reproduire ici la doctrine, nous distinguerons quatre types principaux d'urines brightiques :
\^ L'urine des poussées aiguës ;
2° L'urine des périodes chroniques latentes ;
3*> L'urine des périodes chroniques avancées;
4<* Enfin, l'urine de la période ultime(*).
Il va sans dire que nous nous bornerons à des généralités pratiques, cette partie de la sémiologie
(1) LécoRCHé et Talamon, Traité de V albuminurie^ p. 458 et ss.
294 SÉMIOLOGIE URINAÎRE
urinaire se trouvant merveilleusement développée dans le traité classique de ces éminents cliniciens.