Urines des poneeéee aiguës
A. — POUSSBBS AIGUBS PRIMITIVES
Uolîgurie est le caractère essentiel de ce type ; elle peut aller jusqu'à Yanurie et mesure l'intensité du processus aigu.
La densité est supérieure à la normale (1025-1030 et parfois davantage).
La coloration est foncée (bouillon de bœuf) ; elle peut être d'un rouge sombre et aller jusqu'à la teinte noirâtre du porter.
V aspect est trouble et ce trouble est dû, soit à des sels uratiques, soit, le plus souvent, au mélange du sang.
Vacidité est constante, quoique variable.
L'urine est toujours fortement albumineuse (en moyenne 3 à 5 grammes pour mille) .
L'urée, l'acide urique, les phosphates, les chlorurées, sont très diminués.
L'urëe ne dépasse pas 8 à 10 grammes dans les 24 heures, pendant la période fébrile de la maladie (Labadie-Lagrave). La diminution des chlorures est très marquée, surtout lorsqu'il y a un œdème généralisé. Nous avons vu, tout récemment, une urine de ce genre dont le volume était de 130 centimètres cubes seulement pour 24 heures ; le chiffre de l'urée
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était de 1,61, celui de l'acide phosphorique de 0,08 et celui des chlorures de 0,31. L'albumine ne dépasse pas 0,40 par 24 heures, mais avec une grande quantité d'hématies, de cylindres granuleux et hémorrhagiques.
a La présence des éléments du sang, dit le docteur Labadie-Lagrave, est un fait à peu près, sinon toujours, constant dans les urines des néphrites aiguës(*). » Outre les hématies, on trouve,* dans ces urines, des globules blancs, des cylindres hyalins, granuleux, et même des cylindres hémorrhagiques.
B. — POUSSÉBS AIGUËS SBCONDAIBBS
L'urine présente à peu près les mêmes caractères que dans les poussées primitives ; elle s'en distingue pourtant par deux caractères essentiels : la coloration et VintensUé de V albuminurie.
La coloration est souvent à peine modifiée et ne diffère guère de la coloration normale.
L'abondance de l'albumine est surtout remarquable ; on en trouve de 10, 20 à 30 grammes par litre. Lécorché cite même le chiffre exceptionnel de 90 grammes en 24 heures avec un litre d'émission,chiffre qui, il est vrai, n'a été atteint que pendant une seule journée. « Ces caractères, dit Lécorché, se maintiennent pendant toute la période d'état de la poussée aiguë, avec des variations quotidiennes en plus ou en
(1) Labadib-Laqrave, Pathogénie et traitement des néphrites^ p. 42.
moins. L'amélioration s'annonce et se traduit par les caractères opposés : la polyurie s'établit proj^ressivementjla quantité d'urine s'élève à un» deux, trois litres dans les vingt-quatre heures ; l'albumine diminue, l'urée et les sels augmentent (*). »
• — tJrlse des périodes ehroolqnes latentes.
Le mal de Bright pouvant évoluer, de façon silencieuse, pendant des mois et des années, il est difficile d'assigner des caractères précis aux urines de cette période. Ce n'est, le plus souvent, que par hasard que l'albuminurie est constatée ; et, alors, sa proportion ne dépasse guère 1 <>/oo. Souvent elle disparaît sous l'influence du traitement ou mên^e spontanément. Les cylindres sont rares et difficiles à trouver.
Parfois on constate une augmentation du volume et des éléments normaux, surtout chez les uricémiques et les prédisposés à la goutte.
D'autres fois, il y a une légère polyurie (2 litres au maximum) ; mais la densité est faible et les éléments normaux diminués. L'albuminurie est faible et en général intermittente.
C'est dans cette catégorie que Lécorché fait entrer la plupart des faits décrits sous le nom d'albuminurie physiologique ou fonctionnelle.
(1) Lécorché et Talamon, loc, cit., p. 461.
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