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Cystites

On désigne sous ce nom toutes les inflammations de la vessie, quelles qu'en soient les causes et les lésions anatomiques.

Toute cystite comporte trois symptômes fondamentaux :

1<> La fréquence des mictions ;

2o La douleur pendant et après la miction ;

3° La présence du pus dans l'urine.

« Leur réunion est nécessaire, dit Desnos, pour permettre de poser le diagnostic de cystite (*). »

Le dernier de ces caractères, la présence du pus dans l'urine, nous intéresse seul ici. Il n'y a pas de cystite sans pus : voilà le fait. Mais, le pus une fois constaté, d'où vient-il ? voilà le problème.

On trouvera sur la provenance du pus urinaire

(1) GuYON, Leçons cliniques^ p. 596.

(2) Des.nos, loc. cit., p. 485,

l'urine dans les maladies de la vessie 321

d'importantes indications dans Texamen des conditions dans lesquelles se fait la suppuration. On tiendra tout d'abord compte de l'aspect des dépôts, des mélanges divers qu'ils présentent, des modifications réciproques que peuvent subir le pus et le liquide urinaire^»). La quantité de pus a aussi sa valeur diagnostique ; « elle est, en effet, rarement grande quand la cystite ne se complique pas d'uretéro-pyélite. On songera au contraire à cette inflammation secondaire lorsqu'on verra au fond du vase un dépôt purulent considérable, occupant, par exemple, la moitié de la masse liquide totale C^). »

Un dépôt purulent, à surface et à contour irrégulieTy à aspect granuteicx^ est l'indice de lésions vésicales subaiguës ou chroniques ; l'urine, qui surnage ce dépôt, conserve son apparence normale ; elle est acide et conserve longtemps cette réaction (Guyon).

Si la séparation du pus et de l'urine se fait facilement, que le liquide reste clair et acide, on peut présumer une localisation vésicale.

Si, au contraire, la séparation s'effectue mal et lentement, si le liquide reste trouble et sale, s'il a une densité faible, s'il est pauvre en urée et en sels si l'acidité est faible et le volume augmenté, on doit songer à une localisation rénale, à une suppuration des bassinets et des uretères (Guyon).

(1) Cf. OuYOH, loc, cit., p. 592 et sa.

(2) Desnos, p. 487.

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Une antre indication des plus importantes, en matière de cystite, se tire de l'épreuve dite des trois verres. Elle consiste à recueillir le produit d'une miction dans trois verres séparés; plusieurs cas peuvent se présenter : l'urine peut être également trouble dans les trois verres ou l'être seulement dans l'un des verres extrêmes, le premier ou le dernier. Si l'urine du premier verre est seule trouble et contient seule une assez grande quantité de pus, on peut en conclure que les lésions siègent principalemeyit dans l'urèthre postérieur et au niveau du col. — Si c'est au contraire le dernier verre qui présente cet aspect, les deux autres restant relativement limpides, c'est que les lésions sont plus profondes et affectent le trigone vésical. Si enfin, les trois verres sont troublés par le pus, on peut être assuré que la suppuration vient de plus haut que l'urèthre, sans pouvoir affirmer cependant si la vessie est seule intéressée ou si les uretères et les bassinets le sont également.

Après le pus, c'est le sang qui se rencontre le plus fréquemment dans la cystite; là encore, sans être concluante d'ailleurs, l'épreuve des trois verres peut fournir quelques indications utiles, relativement au siège probable des lésions. On la pratiquera et on l'interprétera comme nous venons de le dire pour le pus.

Dans la Cystite chronique l'aspect du pus est on ne peut plus variable. Voici la description qu'en donne le D"^ Desnos :

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« Parfois il forme au fond du vase un dépôt blanc verdâtre analogue à du pus de bonne nature ; plus ordinairement il est blanc jaunâtre et ce dépôt présente un aspect glaireux qui lui a fait donner le nom de muco-purulent. Souvent, dans les cystites très anciennes ou d'une grande violence, l'urine subit la transformation ammoniacale ; le pus devient épais, filant, forme avec Turine une masse visqueuse qui adhère fortement au fond du vase. On dit alors qu'il y a catarrhe de la vessie, terme qui peut être conservé pour désigner cet aspect caractéristique de certains dépôts, par analogie avec les sécrétions du

catarrhe bronchique. Mais on ne saurait en faire une entité morbide ni même une espèce particulière; car toutes les cystites peuvent, à un moment donné et quelle que soit leur cause, s'accompagner d'un tel dépôt muco-purulent. La masso de l'urine reposée reste claire malgré l'ancienneté de la cystite, à moins qu'il n'y ait complication rénale. Dans ce dernier cas elle devient trouble et lactescente, ce qui est l'indice d'une pyélonéphrite(^). »

Dans la Cystite Uennorrhagique, « le pus n'est pas mélangé en quantité égale à toute la masse de l'urine. Si on recueille le produit d'une miction dans trois verres, le premier en contient une forte proportion; le deuxième à peine quelques traces ; on en retrouve dans le troisième, en quantité variable il est vrai, parfois très considérable, mais ordinairement moindre

(1) Desnos, loc, cit., p. 492.

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que dans le premier. Ce fait prouve l'existence de Turéthrite postérieure concomitante, dont les produits, caractérisés par des grumeaux muco-purulents, sont abondants surtout dans le premier verre ; le pus du bas-fond vésical se mélange facilement à Turine et n'est pas agglutiné en petites masses.

L'examen microscopique permet de constater la présence des go7tococques ; malheureusement, il n'est pas toujours facile de reconnaître ces éléments pathognomoniques(»). »

La présence du bacille de Koch dans le pus implique l'existence de la cystite tuberculeuse.

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