DIVISION
IfATUBELLE^ ADMINISTRATIVE, RELIGIEUSE , JUDICIAIRE » MILITAIRE.
La configuration de Ttle BofDrbon, la disposition de ses montagnes , l'exposition de ses côtes, la divisent naturellement en deux parties que l'on peut concevoir séparées par une ligne qui la traverserait en partant du piton du Brûlé de la Table , allant aboutir à la pointe des Galets. Les vents soufflant presque ton* jours du S.-E. , la portion orientale est appelée partie du vent; celle occidentale, partie sous le vent.
Cette division , que l'on pourrait croire systématique, est justifiée par le courant habituel des vents , qui, passant d'un côté et de l'autre des montagnes, se divisent à la tête de l'île pour se réunir dans un même lit long-temps après qu'ils l'ont dépassée. Elle l'est aussi par le courant des eaux de la mer, qui porte constamment au N. O. si Ton part du pays brûlé pour venir à Saint-Denis par l'Est , et qui , si l'on suit la côte occidentale, s'en éloigne en s'avançant vers l'Ouest pour se réunir assez loin de l'ile à celui qui a longé la côte orientale.
De cette division naturelle suit la division politique, faite d'abord à grands traits, tracée plus exactement par la «suite , et fixée comme nous allons l'indi-
qucr, jusqu'à ce que raccroisseineut de la population fasse opérer de nouvelles divisions de comuiunés trop étendues.
L'ile comprend onze communes administi*ées , comme en France, par un maire, un ou plusieurs adjoints , un conseil municipal. Le tableau suivant présente les noms, les limites et l'étendue des côtes de chacune.
Saistb-Rosb , du pays brûlé à la lÎTière
de l'Est. . . . •
Saimt- BENOIT, de la rîTière de l'E«t à
la rJTÎère du Mât
SAiirr-AvDBi, de la rivière do Mât k
la rivière Saint-Jean
Sawtb-Sokanmb, de la rivière SaÎDt-
Jeao & la ravine des Chèvies. . . .
SAUTB-MAtiBy de la ravine des Ghè?r(*s
à la rivière des Plaies
SAiirr-DaAis, de la rivière des Plaies
à la jrraode Chaloupe
Saimt-Padl, de la ravine de la g-ande
Chaloupe à celle des trois bassins. .
Saimt-Lbo, de la ravine des trois bassins à celle des aviroaiu
SiiNT-Loois, de la ravine des avirons
à la rivière Saint-Etienne
Saiht - PiBBBB , de la rivière Saint-
Etirone à la ravine des Gafres. . .
SAurr-JosBpa , de la ravine des Gafres
au pays brûlé
Total.
Étendue des côtes du pay* brûlé.
Total de la circonférence de l'Ile.
cg
n; eu
tnilSDE
des
côtei.
La ville de Saint-Denis est le chef-lîeu de l'île : c est la résidence du gouverneur, le siège des principales autorités; c*est là qu'il arrive le plus d'étrangers et que plus de devoirs sont imposés à ladministration : aussi lemaire y est secondé par deux adjoints( i ).
Les communes de Saint-Paul et Saint-Joseph , qui sont les plus étendues , ont aussi deux adjoints. Une section de la première comprend l'espace entre là ravine de la grande Chaloupe et la rivière des Galets; l'adjoint qui y réside tient les registres de l'état civil , et exerce quelques-uns des actes de l'autorité administrative et de la police judiciaire.
Les mémos attributions sont données à l'adjoint du maire de Saint-Joseph , qui réside dans la section comprise entre la ravine de la basse Yallée et le pays brûlé.
Pour ce qui regarde le culte catholique , les onze communes forment autant de paroisses qui sont gouvernées par onze curés , à la tétc desquels est placé un préfet apostolique. Les curés de Saint-Denis et Saint-Paul sont secondés par un vicaire. Quelques paroisses très-étendues ont des chapelles où l'office divin est célébré de temps à autre. Saint-Paul en a une au bout de l'étang; Saint-Louis en a deux, une
(i) Les maires de Saint-Denis et de Saint-Paul sont uommés par le roi et renouvelés tous les dix ans ; ceux des autres communes, les adjoints, les membres des conseils municipaux , et leurs supplcans , sont nommés par le gouverneur. La moitié des adjoints dans les communes qui en ont plus d*un , et la moitié des conseils municipaux , sont renouvelées tous les cinq ans. Toutes ces fonctions sont gratuites.
sur les bords de la riyière Saint-Etienne, qui fut fondée en 1 729 , sous Tinvocation de la Vierge du rosaire, par la veuve d*Etienne Hoareau^ née Payet, à 1 occasion d'une petite vérole contagieuse qui désolait le canton, et dont les victimes furent inhumées autour de la chapelle. L'église paroissiale actuelle ne date que de 1756; auparavant il y avait une église au Gol qui ne fut bâtie qu'après la chapelle de la Vierge du rosaire , et qu'on appelait l'église de planches. Il y en avait une autre à l'Étang-Salé , ainsi qu'un cimetière. Détruite depuis longues années , elle a été remplacée en 1825 par une chapelle qu'adonnée M. J. Ferrère.
L'église Saint-Joseph fut détruite en 1792. Madame veuve Charlemagne a donné en 1820 une chapelle à Manapany ; une seconde a été fondée à Baril , en 1823, pour les besoins de la seconde sectioo. Toutes deux sont dues au j^ledu vénérable M. Pastre, préfet apostolique (1).
Sous les rapports judiciaires, l'Ue est le ressort
(1) L'église de la paroisse Saint-André fut renversée durant les désordres révolutionnaires. Un nouveau bâtiment , construit de 1817 ^ 18 il par les soins de M. le curé Minot aidé des secours du gouvernement et secondé avec le zèle le plus religieux par les liabitans , a été bcni en novembre 1821 .
L'église de Saint-Louis a été agrandie en 18^4 7 ^^^^ 1& direction de M. Gottineau de Kerloguen , curé de cette paroinse.
On parle de réédifier celle de la paroisse Sainte-Suzanpe , dont il n'existe plus depuis long-temps que les fondations.
Celle de Saint-Denis a le plus grand besoin d'être agrandie, restaurée et rendue digne du saint usage auquel elle est consacrée.
d'une cour royale et d'un tribunal de première instance. Elle a quatre justices de paix dont les chefslieux sont :
Saint^Deniê , pour les communes de St*Denis , Ste^ Marie et Ste-Suzanne.
Saint-Benoît^ pour celles de St-André , St -Benoit et Ste-Rose.
Saint-Paul , pour celles de St-Paul et St-Leu.
Saint-Pierre , pour celles de St-Pierre , St-Louis et St-Joseph.
Les affaires criminelles et celles de commerce sont jugées par le tribunal de première instance avec appel à la cour royale. Cet appel , obligé pour les premières , n'est que facultatif pour les autres.
Enfin l'île forme pour le service de la milice deux districts militaires, chacun de trois bataîllons, chaque bataillon d'une compagnie de grenadiers , d'une de voltigeurs , et d'un nombre de fusiliers proportionné à la population blanche. Les libres fournissent à deux compagnies; savoir, une de cannoniers pour ceux de seize à quarante-cinq ans , et une de chasseurs pour ceux de quarante-cinq à cinquante-cinq ans. Les trois bataillons de la partie du vent comprennent, l'un les habitans de St-Denis et de Ste-Marie , Tautre ceux de Ste- Suzanne et St-André , le troisième ceux de St-Benott et Ste-Rose. Les trois batail* ions de la partie sous le vent sont formés , l'un des habitans de St-Paul et St-Leu , l'autre de ceux de St- Pierre et St-Louis , le troisième de ceux de St-Joseph.