REVENUS
Voyons maintenant comment on peut établir les revenus.
Produits de ta culture.
Je me bornerai à exposer ici le montant des valeurs, résultat de la culture. On a tu quelles sont les diverses natures de ses produits , et quelles en sont les quantités. Ces documeos recueiUis^ dans les mairies , «(mtri^lés et justifiés {>ar le» état» tt^expbrtation ténu»
à la douane , sont évalués d'après les tarifs qui servent à la perception des droits de sortie, qui sont formés d'après les états fournis par les courtiers de commerce , et qui sont toujours inférieurs au cours réel de la place , dont cependant ils présentent à peu près le taux moyen. La valeur de ces produits a été pour les trois années suivantes , savoir :
Le produittnoyen de ces trois années peut être établi à la somme de 14,564,267
Qui représentera le produit brut de la culture de la colonie.
produits industriels.
11 est difficile de faire entrer dans ces calculs le produit de l'industrie extrêmement bornée en ce pays , ce qui se réduit à un très-petit nombre de travaux relatifs presque uniquement aux constructions civiles , et où les arts mécaniques tiennent extrêmement peu de place. Ainsi je le laisserai sans indication.
Produits commerciaux*
Quant aux revenus que procure le. commerce, il faut d'abord rétablir le mouvejnent commercial qui
^9« a eu lieu , et je le baserai sur les trois mêmes amiées. Or, les importations ayaat été :
1821 6,5oo,364 > 20,o53,g64 iSan 7,547,3a I ;
et au moyen 6,684,655
et les exportations de denrées coloniales, ainsi que les réexportations des marchan* dises importées ,
i8ao . 9,557,66a \
i8ai 10,379,161 S a9,i35,i33
i8aa 9,398,310 J
etau moyen. - • v* • 9»7ii,7ii
les valeurs sur lesquelles le commerce a établi ses bénéfices ont été conséquem* ment de • • . 16,369,366
Ces bénéfices étant évalués ordinarement de a5 à 33 p. 0/0, soit au moyen ag p. 0/0, on peut porter en ligne de
compte . 4,744j856
qui , avec la sommç ci-dessus de. . . . 1 4,^64,367
donne celle de 1 9,309, laS
pour revenu brut total de Fagriculture et du com* merce , somme véritablement inférieure à la réalité, puisque je n'opère ici que sur des termes moyens, tandis que l'agriculture et le commerce vont toujours donnant des revenus graduellement progressifs.
CHARGB8.
Je Tais maintenant exposer- les charges que supportent ces revenus pour parvenir à connaître le revenu net.
La première charge résulte des frais dexploita* tion , ce qui comprend l'entretien des noirs , celui des animaux et ^celui des. machines et instrumens. On a long-temps calculé ces frais a raison de 4 P* { 20 fr. ) par tête de noir. Cette évaluation a été indiquée , il y a peu d'années encore , par un habitant que distinguent autant la justesse de ses idées que l'exactitude de ses observations (1). Ayant consacré une partie de sa vie à l'administration de la colonie, exploitant lui-m$me,ses propriétés, il a pu réunir sur ce sujet ijbes documens^ sur. la vérité desquels il n'est pas possible d'élever le plus léger doutew Cette donnée est le résultat de calculs élémentaires , établis avec soin, vérifiés pendant plusieurs années; et quoiqu'elle ait été contestée depuis, et qu'on ait même porté jusqu'à Texagération des données opposées ,. j'accorde trop de confiance à celle-là pour ne pas l'adopter. L'appliquant donc au nombre 56,ooo qui m'a servi pour évaluer le capital , «t qui représaite celui des noirs produisant , j'aurai une somme de , , <!, 120,000
(t) M. Jean-Baptiste Pajot, en dernier lieu président de la cour royale, autrefois membre du conseil supérieur,
Ci^contre i,iâo,ooo
et pour Tentreticn des 7000 yieillards etenfans, qui ne produisent plus ou qui ne produisent pas encore , j'aurai celle de 1 4o,ooo
Il convient de porter aux charges, ou de déduire du produit brut des denrées coloniales, les quantités consommées dans le pays , que Ton peut évaluer à . . . 930,000
II faut y porter aussi la valeur des vivres consommés par les populations blanche et libre , la consommation des noirs ét^nt comprise dans le premier article ; cette valeur, en forçant les évaluations, peut être portée à â,5oo,ooo
Enfin la somme des impôts s'élève à . . 1,467,000
On obtient ainsi un total des
charges qui s'élève à , . . . 6,167,000
Or, le revenu brut étant 19,509,123
Le revenu net sera. . . . , i5,i5â,i23
Dans un ouvrage publié il y a peu d'années, le revenu total net de la colonie n'est porté qu'à huit millions \ dans cette somme , le produit de la culture figure pour six millions huit cent quarante mille
membre de rassemblée coloniale , habitant au quartier Saint- Denis.
T, II. l3
ï94 francs et celui de l'industrie et du commerce pour un million cent soixante mille francs. Cet auteur évalue les frais d'exploitation aux trois septièmes du produit brut, indiqué être onze millions neuf cent soixante-dix mille francs , ce qui les établit à cinq millions cent trente mille francs. Les élémens de ces calculs n'étant point présentés , )e ne puis les discuter. Suivant lui , en résultat la culture des cannes à sucre rapporte dix-huit pour cent, celle du cafier douze pour cent , celle des terres à vivre neuf pour cent , les habitans les moins industrieux ne retirent de leurs terres que cinq pour cent. Quoi qu'il en soit, mes calculs étant fondés sur des documens officiels , authentiques, et qui se servent mutuellement de points d'appui et de comparaison, je les soumets avec la plus entière confiance ; ils confirment d'ailleurs les idées généralement reçues sur les revenus coloniaux, et qui n'ont été adoptées que sous la protection des résultats particuliers obtenus par chacun. Je crois donc pouvoir les regarder comme approchant autant de la vérité qu'il est possible de le faire en ces sortes de matières , et être autorisé à trouver le résultat suivant :
Le capital de la colonie est de 166,198,000
Le revenu brut de 19,309,123
Le revenu net .de i3,i5â,i23
et pour l'exprimer en d'autres termes , le revenu brut peut être considéré comme onze et cinq huitièmes pour cent du capital à peu près, et le revenu net
igS
comme, à peu près aussi , huit pour cent de ce même capital. Continuant ces rapprochemens , on pourra dire que les cliarges sont à peu près trente-deux pour cent du revenu brut, et l'impôt sept et demi pour cent de ce même reyenu.
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