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Je ne parlerai point ici de ce que fit l'administration anglaise: je noterai seulement que, bien que l'impôt fût maintenu le même quant au fond , et avec quelques diangemens de quotité, il produisit, au moyen, de 760 à 800,000 francs.
Lorsqu'en 1 8 1 5 la colonie fut rendue à S. M. T» C , la France, écrasée sous le poids de toutes les calamités, suite de l'état convulsif dans lequel elle se tourmentait depuis yingt-cinq ans , ne put rendre à ses colonies la justice qui leur était due; il fallut continuer à administrer sur les bases que l'on trouva , et pourvoir, comme l'on put , à une dépense de douae à quinze cent mille francs. Ce fut par l'augmentation de plusieurs des droits indirects , par l'établissement
rcnt à Bourbon avec des piastres ou dollars effectifs, et achetèrent au comptant les cafés dont cette circonstance fit monter le prix à 120 et ai piastres, Cela donna lieu à uni écoulement assez considérable et mit une assez grande quantité d'espèce en circulation } mais les affaires ayant changé en Europe et menaçant de changer davantage dans la colonie , les Américains cessëi'ent de la fréquenter. Le monopole anglais y établit ensuite son despotisme et le café retomba à son prix inférieur. J'ai dû citer cette circonstance momentanée qui ne peut faire r^le dans les évaluations que je cite.
A la rétrocession , le prix de la balle de café s'éleva subitement à II et I a piastres. Il ^ depuisétéporté jusqu'à 28, il est redescendu à i5. Le prix convenable serait vingt piastres; mais pour le maintenir à ce taux , il faudrait ou plus d'achetem*s dans la colonie, ou une augmentation de prix dans les marchés européens.
C'est cette augmentation de cinq à quinze piastres qui a rendu supportable celle des impôts de quatre cent mille à quinze cent mille francs.
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de quelques autres ; ce fut surtout par le produit des douanes, qui s'accrut en raison du développeiiieot que prit le commerce.
Ainsi depuis le moment où la colonie aTait été conduite à la mesure inouïe jusqu'alors de s'imposer, jusqu'à celui où elle revint sous la domination royale, c'est-nà-dire pendant dix-huit ans, les contributions fixées d'abord à quatre cent mille francs, furent successivement, et par les divers régimes auxquels Ttle fut soumise, élevées à la somme véritablement énorme de quinze cent mille francs.
En cédant à de telles et si dures nécessités , l'administration , convaincue du tort qui en résultait pour le pays , ne cessait de le représenter au gouvernement, et conservait l'espoir de proposer un meiUeur système; mais il fallait avoir la certitude qu'il fut possible de l'elFectuer. Avant d'essayer de construire un édifice dont toutes les parties fussent entre elles dans cette harmonie qui constitue le beau dans les arts , et le juste dans la matière qui nous occupe en ce moment, il fallait abjurer ce prétendu principe dont on ne peut plus révoquer *la fausseté en doute , que les colonies doivent se sufiire à elles-mêmes, et revenir franchement à l'ancien mode, dont on se dissimulerait en vain la nécessité. Il fallait enfin que la France pût adopter pour ses colonies un système de finances qui permit de pratiquer de nouveau ce principe si vrai, si paternellement, si royalement reconnu par les prédécesseurs de S. M. , que « tout impôt at- 9 taque directement la destination des colonies. >
Un pas fut fait dans cette voie. Le roi accorda à
2o3 nie Bourbon pour les années 1 816 et 1 81 7 , une dotation de sept cent mille francs par an. Mais ce bienfait, dû à la conviction du ministre , M. le vicomte Dubouchage, et à la chaleur avec laquelle la cause de la colonie fut pi aidée auprès de lui par M. le baron Portai, alors directeur des colonies, et par M. le baron Desbassyns de Richement, nommé ordonna" teur de la colonie, ne tarda pas à être réduit en 1818 et 1819 à deux cent mille francs, et enfin depuis 1820 à quatre-vingt mille francs, somme qui ne représente pas la dix-neuvième partie des dépenses totales.
Un autre pas plus important a été fait depuis. Une portion des dépenses est supportée , à partir de 1826, par la métropole, et Ton a pu espérer la réduction des impôts ( 1 ) ; mais nous n'en sommes pas encore arrivés à cette position qui garantit la durée des produits coloniaux, en même temps qu'elle tient ouvert le débou* ché le plus favorable au commerce de la métropole. Est-il possible d'y parvenir? Pour répondre à cette question ,)e vais examiner quels étaient à Bourbon , à Fépoque de 1824 9 la dénomination, la quotité et le produit des divers impôts. Je montrerai ensuite quel rapport existe entre ce produit et le revenu de la
(i) G)mme nous verrons plus tard , la capitatioa des es*> claves avait été déjà réduite en 182 1 , puis en iB'^Sj ce qui a produit dans cette perception une réduction de plus de cent cinquante mille francs, c' est-a-dire un peu plus du dixième du montant. total de l'impôt; et cependant par Taccroissement de certains produits la somme de Timpât est restée à peu près la même.
A dater de la même époque^, la dotation de 80,000 h, a été supprimée , ce qui laisse les choses au même état.
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colonie. J'essaierai de déterminer quel doit être ce rapport pour que la colonie se trouve dans la position où nos Rois ont voulu qu'elle fût, et où Ton peut regarder comme une condition de son existence qu'elle soit placée, et enfin quel doit être le rapport de ces impôts entre eux pour qu'il en résulte une juste répartition de la charge supportée par les contribuables. Ce n'est pas en efiet seulement quant aux perceptions fiscales qu'il faut étudia: les questions relatives mx impôts: il en faut combiner le système de telle sorte que cette charge soit équitablement répartie. Si chacun doit contribuer en raison de ses bénéfices, il le doit aussi en raison dç la protection qu'il reçoit; car l'impôt n'est que le moyen fourni par la masse des citoyens afin d'obtenir la sûreté, la tranquillité, la protection dont chacun a besoin pour exercer sa profession.