TROUPEAUX
Li situation de» troupeaux , mais surtout ceDe des bé€es de trait et de somme s'e^t améliorée» e( , comme je l'ai dit , est en même temps la preuvi^ ei l'effet data proqMrilé du pays^ Afi* de fliciliter les comparaisons , je réunis les indications ptésenlée» dans l'essai aux tableaux pages «75 eK z&jp l" vol. L'existant an i** janvier de cbacone des années suivante» était comme ci-aprës :
sr
^ÊÊÊ^
^!Ç*ft
C ft
es
iHa4.
Î8,5iS
i,ab3
On s'occupe aussi de l'amélioration de l'espèce et de sa reproduction ; car, sur le dernier nombre indiqué de che-
Taux et jumeas , 73 des premievs el 1671 des autres yétaieni destinés , lorsque seulement 596 étaient employés aux transports et apx moulins à manège.
Quant aux bétes à cornet, ii44 taureaux étaient réservés pour la monte, et 1024 bœufs étaient employés aux transports^
Ce qu*il est important de faire remarquer ici , c'est que , par suite des mesures prises ponr favoriser Timportation des animaux utiles k l'exploitation de la colonie , soit pour la culture , soit pour les transports , soit même pour la subsistance , il y est entré pendant les années
Chevaux et jAimens de France. . . .
de Mascate. . .
deFAmériquedu sud
de Batavia ou de .
rinde* . . .
so
du cap de Bonne- Espérance . .
Mules et mulets — de France. ...
deMaacate . . .
de r Amérique du
sud
parMaorice. . .
Anes et ânesses — de Maseate. . .
Bœufs — de Madagascar.
Taureaux et vaches de France. . .
du cap de Bonne- Espétance et de rimfe . .
de Mascate. . .
du Guzurate. .
de Madagascar.
so
de rAmérique
du sud. . .
ux et génisses de Madagascar.
iiG
4ii
de rinde. . . .
de France . . •
L^efTet de l'ordonnance locale qui avait accordé pour trois ans des primes à l'introduction de certains animaux* cessait le 3i décembre 18s 5. Elle fut prorogée, excepté cependant pour les mulets de l'Amérique du sud, dont Tindocilité avait été reconnue, qui s'acclimataient difficilement , et dont il mourait d'ailleurs un grand nombre dans la traversée, ce qui occasionnait des pertes quelquefois considérables aux spéculateurs. Il importait d'ailleurs d'ouvrir une voie plus large au commerce français qui venait de s'engager dans cette route d'une manière si avantageuse.
Ces résultats justifient suffisamment les diverses mesures adoptées depuis 1817, et le moment n'est pas éloigné, sans doute , où il ne sera plus besoin d'encouragemens pour une branche de commerce si profitable* Il n'est pas sans intérêt pour le commerce de la métropole de coter ici le prix à Bourbon , en 1836, des animaux qu'il y envoie.
Chevaux 1 200 f. prime 100 à i5o fr.
Mules et mulets. . . 1100 100
Taureaux et vaches. 700 1 a 5
Mais ce qui , considéré sous le point de vue colonial , est d'un intérêt plus grand encore peut-être , c'est que les importations des animaux employés à l'industrie agricole
représentent» en nous reportaulà la théorie des forces indi ^aée pag. 969» I** vol. de l'ouvrage , savoir :
1 75 chevaux employés au trait = i4oo hommes (force). . 7«8 mulets id. 4368
495 bœufs id, 1980
s6 1 ânes td, 96 1
Moyenne d'une année* 9669
El en y ajoutant l'augmentalion
produite par l'accroissement du
nombre des moulins à vapeur
seulement, ci i4oo
On obtient pour l'accroissement des forces employées à cette industrie une moyenne annuelle de 4069 p ce qui continue h confirmer l'explication donnée sur l'augmentation du produit de la canne à sucre.
Quant aux différences en moins sur le nombre des moutons , cabris et cochons , elles proviennent sans doute de recensemens plus exacts , et on se . rappellera ce qui a été dit sur le peu de confiance que je donnais moi-même aux nombres indiqués » surtout à celui de la dernière colonne qui me paraissait ridiculement exagéré. Il ne faut pas oublier que c'est toujours avec répugnance et souvent avec légèreté que ces documens sont fournis par les habitans , généralement persuadés qu'ils ne sont demandés que pour satisfaire une frivole curiosité» et qui ne se figurent pas quelle importance la science attache ^ leur exactitude. On peut regarder comme un succès tout résultat qui se rapproche de la vérité; et c'est pour y concourir autant qu'il
. T. II. aS
est en noun , que nous sommes entrés dans ces nouveaux détails.
De ce que nous venons de dire sur Taccroissement du nombre des animaux , soit employés à Tindustrie agricole , soit destinés à la subsistance , résulte la nécessité de remettre les savanes en état de suiBre h la nourriture de ces bestiaux. Nous avons dit , en parlant de l'agriculture dans ce supplément , que l'étendue des savanes est de s»4i7>4So gauletles : mais nous avons vu, dans l'ouvrage lui-même, que ces savanes ne produisent qu'un gazon court et maigre : il est donc instant de les remettre en valeur. L'on ne pourra y parvenir qu'en leur restituant d'abord les arbres dont on les a si imprudemment privées. Tout appelle une mesure si importante et dont les résultats doivent avoir une si grande influence.
AUTRES MOYENS d'eXPLOITATION.
Aux moyens d'exploitation que nous avons indiqués » il
convient d'ajouter ceux mentionnés aussi dans l'ouvrage.
Voici leur situation en
Alambics destinés à la distillation du
vesou 2^ 62 33
Charrettes employées aux transports 563 711 78a
Embarcations pontées pour les transports par mer 18 18 13
Chaloupes pour les chargemens et
déchargemcus 16 i5 4^
Canots td. 19 29 2.3
Pirogues de charge et de pèche. . . 1 74 202 249
Ainsi » et cVst vraiment une superfluilé que de le £iire remarquer» en même temps que les produits de la culture
augmentent, les moyens d'exploitation deviennent plu» nombreux et accroissent la valeur du capital. Tout concourt donc à prouver le développement que prend l'utilité de la colonie pour là métropole , en même temps que sa richesse à elle-même.
Avant de terminer , nous ne pouvons nous empêcher de remarquer une phrase qui a trouvé place dans un rapport mis sous les yeux d'un auguste personnage , et qui ensuite a été rendu public ; c'est celle-ci : «La culture de la canne , » qui devient presque exclusive dans la colonie, récom- » pense amplement les soins des planteurs. » Cette proposition rappelle nécessairement les observations que nous avons déjà exposées dans notre essaie observations qui ne sauraient être trop répétées aux colons dans leur intérêt même, et qui n'échappent point au gouvernement qui ne ' considère pas seulement la situation présente de la colonie, mais qui doit aussi prévoir et assurer son existence future.
Toutes les fois qu'on augmente les produits d'une branche d'industrie au-delà dt 3 besoins , il en résulte encombrement dans les marchés et nécessairement perte pour le producteur. Quand les planteurs des Antilles anglaises étendirent la culture do la canne , afin de pouvoir remplir le vide que venait de former la perte des belles plantations delà plus belle et de la plus riche des lies françaises d'Amérique, ils ne calculèrent pas que non seulement ils y concourraient , mais qu'avec eux se présenteraient ^Ics colons do la Martinique et de la Guadeloupe, ceux de la Havane et de Porto- Rico. Depuis lors, les sucres du Brésil et ceux de l'Inde sont venus augmenter cette concurrence. Qu'en est41 résulté pour les premiers? leur sucre, qui coûtait en Angleterre , en 1 798 , 66 shillings , ne coûta plus en 1806 que 54 sh, , prix non seulement insuffisant pour procurer des bénéfices aux planteurs, mais même
pour les indemniser de leurs nrances. De là les embarras qui les accablèrent en 1807 et dont rien encore aujourd'hui ne peut faire présager le terme. Ces &its » ceux que Ton remarque depuis quelques années à Bourbon , oh, malgré Taccroissement des produits de la canne , le nombre des acheteurs n'augmente pas dana la même proportion » doivent avertir les habitans de cette dernière colonie , et les prémunir contre les dangers d'une trop grande exteasion de cette culture , quand ils peuvent porter sans craiate leurs soins attentifs, leur intelligente et active industrie sur d'autres denrées qui ne peuvent rencontrer de véritables cx)ncurrens sur les marchés européens. On ne doit jamais craindre de trop produire , il est vrai; mais il &ut atoir attention à bien produire , c'est-à dire à ne pas avoir des produits qui se trouvent en quantités supérieures aux besoins , ou dans des proportions trop fortes avec les articles contre lesquels on doit les échanger.
La prévoyance que nous indiquions tout à Theure, le gouvernement ne la perd pas de vue , et Ton en trouve une nouvelle preuve dans les soins qu'il donne à l'introduction de la cochenille à Bourbon. C'est non seulement fournir à son agriculture une nouvelle branche à exploiter, mais aussi conduire à de notables différences dans son commerce et dans celui de la métropole. Ce qui a été dit du climat et de la météorologie de cette ile porte à croire sans aucua doute qu'un succès complet favorisera cette nouvelle culture. Mais ce ne serait avoir fait qu'une partie de ce qui est à faire , si les droits à percevoir à l'entrée de ces produits en France , n'étaient calculés de manière à leur assurer au moins la concurrence avec ceux de même nature qui 7 sont importés maintenant ; et l'on a vu avec quel désavantage Bourbon est traité sous ce rapport.