NÉG., EXCLUSION, COMPARAISON
que cresiéu ou l'a fa, noun cresiéu que lou faguèsse tant bèn ; es autre que cresiéu ou es ansin, noun l'auriéu cresegu tau. De là des cumuls d'expression comme sènso ges de resoun, niiés, autre que noun cresiéu.
Mais notre langue n'emploie pas de négation dans les propositions subordonnées exprimant la crainte et après
« éviter que, empêcher que, ne pas nier que 0, etc :
cregne que vèngue « je crains qu'il ne vienne » (cregne que 7îoun vèngue signifierait « je crains qu'il ne vienne pas »), la pou que vosto maire Vous charpe « la peur que votre mère ne vous gronde » (Mir., c. ii, str. 50).
Pas de négation non plus après « avant que » : avans que siegue trop tard « avant qu'il soit (ou ne soit) trop tard », Amen-nous, amen-nous, mignoto, avans que more ! « aimons-nous, aimons-nous, mignonne, avant que je meure ! » (^Fiho, Nouvelun, p. 326).
Dans tous les cas qui précèdent l'introduction d'une négation « non justifiée logiquement », pour employer l'expression de Tobler (iv, p. 26 ss.), est la conséquence d'associations mentales qui se manifestent un peu partout (v. notamment les ex. grecs et allemands cités par Tobler, IV, p. 28, 50). Son extension dans les langues romanes a été sans doute favorisée par la conservation traditionnelle de ne dans les formules issues du type lat. timeo ne ueniat, primitivement juxtaposition de deux phrases, timeo « j'ai peur », «^ ueniat « qu'il ne vienne pas ! » ou « je ne veux pas qu'il vienne », sentie ensuite hypotactiquement « je crains qu'il ne vienne » ; cf. timeo ut ueniat « j'ai peur ; pourvu qu'il vienne ! > je crains qu'il ne vienne pas » . Le roman maintient ne en hypotaxe avec « craindre » (a) et, ne lui attribuant plus la valeur de conjonction, lui prépose la conjonction générale « que » (cf. Einfûhrung, § 72) ; de même (g) avec « nier, douter, défendre, éviter, empê-