CHAP. XIII : LA NÉGATION § I
cher » et autres verbes avec lesquels le lat. employait 71e ou quin {d . M.-L., t. m, §§ 705, 706); extension de cette construction (y) à nombre d'idées voisines, propositions introduites par « peu s'en faut.que, pour peu que, à peine, il y a bien peu de temps que, jusqu'à ce que, avant que (avant qu'il ne soit = tant qu'il ne sera pas), sans que », comparaisons proprement dites avec « plus que, moins que », et généralement comparaisons ou oppositions portant sur la quantité, le temps ou la manière (cf. M.-L., t. m, § 707-709). Dans ces trois séries les langues autres que le français substituent en général le continuateur de non au continuateur de ne. L'idée qui fait maintenir ou introduire l'emploi de la négation est dans le sens général de la phrase, et non pas seulement p. ex. dans un verbe introductif (remarque de Tobler, iv, p. 26, 27, avec laquelle concorde ce que j'ai dit § 13e au sujet des verbes affectifs).
L'expression de la négation dans les trois séries a, g, y semble assez générale en vfr. dans les textes les plus anciens et assez répandue dans l'ensemble du domaine roman à date ancienne (v. M.-L. et Tobler, loc. htud.), puis la négation perd beaucoup de terrain (cf. pour le fr. Clédat et Bastin, RPL 1902, p. 84 ss. et loi ss., pour l'esp. Hanssen, p. 206). Elle semble s'être éliminée en vfr. surtout dans la série a, où elle est très rare en vit. (Tobler, iv, p. 45) ; je crois qu'il en est de môme en vpr. On sait combien l'usage est peu fixé dans le français actuel ; on a vu plus haut que nos parlers sont arrivés à une situation un peu plus régulière. Voici pour terminer quelques ex. vpr. dans les séries g et y.
p. Flamenca, v. [819 E qui dopta qu'aissi non es, 4945, 4946 e dopta y Qu'eu non l'ami de bon cor fi ? 7431-7433 non doptes pas Oucs ieu volontiera nmi fassa En dreg d'amor
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tôt so que-us plassa, 479-482 Poissas vedet de part lo rei Qu'aisi con cascus cre sa lei De xv. jornz homs 710-s partis. — Aujourd'hui il n'y aurait point de négation exprimée.
Flamenca, v. 5874, 5875 Qu'ieu non cug que per el si /<2Û5^ Flamencha ques 2imicnon fassa, 3567, 3568 nom poc laissar Que non l'avengues a plorar, 7658, 7659 M laisse per folz lauzengiers Que non sia cortes ni pros, 836-839
Ella nos tenc e nulla guisa Que Flamenca Non adeses
de sa man destra Et no-'û disses...... 6579-6581 Mais la boca
no-s pot tener, Quan baisa, que del bon saber A sos obs quesacom nom prenga, 960 Qu'a pena si ten que nOn mor, 4902, 4903 e ges non muda Que tôt non diga son talan, 25 II Enon s'oblida quQ non g'cin — Tournures sans équivalent exact aujourd'hui ; au lieu de que -f- verbe à une forme personnelle on aurait en général de -\- infinitif sans négation.
Y. Peire d'Alvernhe (Bartsch, p. 84, v. 8) Ans com l'en destrenha sans négation; Guillaume de Poitiers (Bartsch, p. 33, V. 18) Ans que vent ni gel ni plueva n'est pas probant, ni étant assez fréquemment employé en vpr. au sens de « et » ou de « ou » ; en reprenant les ex. de Flamenca indiqués au vocabulaire de l'éd. P. Meyer je trouve une fois abans que avec négation (v. 5896, 5897) contre dix fois ans que, an:(^ que, abans que, aban:{ que, avan que sans négation (v. 299, 795, 878, 1077, 1194 et 1195, 2124, 2228, 6524, 6582, 7894). — Point de négation aujourd'hui.
Vpr. ses colpa que no-n an (Schultz-Gora, § 199) « sans que ce soit leur faute », litt, « sans qu'ils en aient faute »» et encore plus litt. « sans faute qu'ils n'en ont » ; Cro^ada, V. 2771 Ses tort e seiîes colpa que om no-\ pot comtar