‹ Essai de syntaxe des parlers provençaux modernesChapitre 111 sur 139 · CHAP. XIII : LA KÉGATION §§ I · texte numérisé non relu

CHAP. XIII : LA KÉGATION §§ I

« sans tort ni faute qu*on puisse lui imputer », c.-à-d. « sans qu'on puisse lui imputer aucun tort ou aucune faute ». — G)ncorde avec l'usage actuel, sauf pour le mode employé.

Fianwnca, v. 2180, 2ïSi,CaT plusalegresne tornet E plus bels que non lai anet ; autres ex. avec comparatif d'adj., de part. pass. ou d'adverbes aux v. 89e, 3120, 4768 et 4769, 5410 et 541 1 ; V. 1708 Sabla plus que nuls joglars ; v. 4895 Tôt es aire que no-us pessatz. — Même usage aujourd'hui» et déjà les Leys (t. 11, p. 56) montrent l'emploi de la négation bien établi dans des cas tels que Peyres es plus savis que no es GuiJhems ou que Gui I hem s no es, Peyre se governa miels que Bertraus no je lunh temps opposés à Peyres es plus savis que Guilhems.

Qtw -h négation + subj. est encore plus répandu qu'en fr. dans des tournures adversatives diverses : parte pas qm noun vèngues « je ne pars (sens futur) pas (avant) que tu ne viennes », n'en dirai rèn que noun me lou permetes « je ne dirai rien (à moins) que tu ne me le permettes », lou fara pas que noun lôu forçon « il ne le fera pas (à moins) qu'on ne r(y) force ». Noun pas que + verbe à l'ind. « tandis que ». Un jour Vautre noun « de deux jours l'un, tous les deux jours » ; despièi noun tanère « la dernière fois que j'y allai », despièi noun tère « quand j'y étais ».

§ 160. — Avec '< ni ni » (;;/ ni, ni nimai,

nimai 77/) la négation est exprimée ou non, suivant

les parlers.

Le prov. use de la plus grande liberté : ni béure ni manja ié fan gau ou noun ié fan gau « il n'a plaisir ni à boire ni à manger » ; èstre ni tu ni vous « n'être ni toi ni vous », c.-à-d. « n'être ni bon ni mauvais, n'avoir ni vices ni vertus, être insipide » ; palun que w'a ni fin ni terme (Mistral, Lou Mirage, VP 27, p. i, c. i, AP 1909, p. 26, OuJivadOy p. 152) « marais qui n'a ni fin ni terme ».

§ l6o « NI NI » 257

Les autres dial. expriment la négation ou non comme dans les phrases à un seul membre (§§ 154-156) ; bit. qqf. ni-noiin devant un troisième membre :

N'es ni nousat, ni mut, ni-noiin anequelit

(J. Sans) « il n'est ni noué (c.-à-d. rachitique), ni muet, ni épuisé ».

On peut également construire « ne ni » : noun

manjo ni béu « il ne mange ni ne boit », siéu pas un loup ni un tigre « je ne suis ni un loup ni un tigre », ou omettre la négation dans le premier membre : mange ni beve « je ne mange ni je ne bois » (Mir., c. v, str. 15).

Pour la prohibition, v. § 131 ; pour d'autres influences de la négation (et du doute) sur l'emploi des modes, v. §§ 136, 137-

J. RoNjAT. — Essai de syntaxe des parler s provençaux modernes. 17

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