PHRASES NOMINALES
§ 32. — Les phrases sans verbe se rencontrent surtout dans les proverbes et sentences, dans les interrogations et dans les réponses, dans les exclamations proprement dites, commandements, salutations, formules de politesse, etc.
An defen, an de rèn « année de foin, année de rien », 1. fenno de glèiso, diable d'oustal « femme d'église (dévote), diable de maison (démon domestique) », etc
Que novo? « quelles nouvelles ?» 0 « oui », etc... (v. §§ 140-145, etc. ; spécialement § 145, si servant à introduire une proposition avec verbe).
Paure iéii ! et paure de iéu ! « pauvre moi ! » (tournure récemment introduite en français par des écrivains d'origine provençale), fém. pauro, ex. Ai! pauro iéu desemparado ! (Nerto, c. vi, p. 314), « hélas! pauvre délaissée que je suis ! » ; silènci ! deforo ! « dehors ! » Bon-jour, merci et gramaci, etc ; v. encore §§ 14e, 147.
Adieu « adieu » (s'emploie pour aborder quelqu'un aussi bien que pour prendre congé) est senti comme mot simple, ainsi que adessias (forme de tempo allegro pour à Dieu sias, avec 2. p. pi. impér. archaïque), employé en s'adressant à plusieurs personnes.
« Voici ') et « voilà » sont employés tantôt comme des mots simples, tantôt avec conscience de l'élément verbal ; V. §§ 76-78.
Sur paure que paure ^ v. § 153 m fine.
54 CHAI'. H : l'ilKAM-.S NOMINALES ^, ^ ^
§ 33. — Que faire? otititc atta ? « où aller? », oh! vèire monri mis encmi! « oh! voir mourir mes ennemis! », etc.. ne sont pas des phrases nominales; outre le verbe exprimé à l'infinitif, il y a ellipse d'un verbe à une forme personnelle : « que (dois-je) faire ? où (faut-il) aller ? oh ! (puisséje) voir mourir mes ennemis! », etc La même explication, avec ellipse du verbe « être » à une forme personnelle, est généralement donnée par les grammairiens pour les cas où une phrase est introduite par un pronom relatif ou une conjonction après un adjectif ou adverbe ' détaché (v. M.-L., t. III, § 659 et Herzog, p. 20) :
Riche qui pot, urous qui sap, satge qui bol (proverbe de Foix) « riche qui peut, heureux qui sait, sage qui veut » ;
Eirotis que, sens soucit, sens proucès, sens querèla, Ei countent de teni la couà de sa padella
Pasturel) « heureux qui, sans souci, sans procès, sans querelle, est content de tenir la queue de sa poêle » ;
rare,
Quand i'avié roudelet vers li coumèdi.
Que noun curèsson en quaucun li pôchi
que Mistral traduit librement « dès qu'il y avait groupe autour des comédies, ils vidaient à quelqu'un, presque à tout coup, les poches » (^Rose, c. x, l. lxxxiv, p. 244) ;
Lou baroun Pons, toujour en guerro, A soun fougau rare quand èro
« le baron Pons, toujours en guerre, était bien rare à son foyer » ( Nerto, c. i, p. 54);
I . Ou groupe ayant une valeur adverbiale comme eti verita dans l'un des ex. cités plus loin au texte.