PRONOMS SUJETS 7I
et de la proposition qui conclut,
Regardo dins moun amo ounte souleies!
Mistral traduit, en marquant par des traits les coupes après cèu (virgule au texte provençal), â^f^o et terro (pas de virgule) : a Ne regarde pas dans l'eau — qui est trop profonde, ne regarde pas la terre — qui est trop loin, ne regarde pas le ciel — qui est trop vaste : regarde dans mon âme où tu es le soleil ! » Je vois dans tous les que une conjonction causative; en traduction française je ne garderais que les coupes, je rendrais le renforcement quVw, je mettrais lointaine^ au lieu de loin, pour mieux rendre la nuance du texte, et je chercherais à donner l'équivalent le plus approché de souleies : « Ne regarde pas dans l'eau : elle est trop profonde ; ne regarde pas la terre : elle est trop lointaine ; ne regarde pas le ciel : lui, il est trop loin ; regarde dans mon âme, où tu rayonnes comme le soleil ! »
De même elo vèn d'eilalin à la fin d'une longue période {Miôugr., p. 222) s'explique à la fois par i°, 2°, par l'harmonie, le nombre de la période, etc., etc.... Il y a là, comme un peu partout, des nuances délicates et des réactions complexes de syntaxe et de stylistique que seul peut sentir et comprendre un lecteur pourvu d'un goût littéraire développé par un commerce intime avec les bons auteurs.
§ 45. — Les parlers vaudois emploient le plus souvent des pronoms sujets, bien que les formes verbales suffisent en général à marquer le sens. Dans le Val-Saint- Martin on les rencontre à toutes les personnes ; l'omission est exceptionnelle. A Torre PeUice ils sont de règle surtout aux 3. p. sg. et pi. Dans les parlers particulièrement influencés par les parlers piémontais voisins, on intercale,