‹ Essai de syntaxe des parlers provençaux modernesChapitre 29 sur 139 · CHAP. IV : LE VKRBE ET LE SUJET · texte numérisé non relu

CHAP. IV : LE VKRBE ET LE SUJET

comme dans ceux-ci, a et / entre les pronoms de la 3. p. et le verbe : cl a chanta « il chante », ilhe i cbanto « elle chante », lour i tfthtgen « elles mangent » (Morosi, p. 366). En lim. on exprime le sujet de la 3. p. sg. et pi. quand la désinence de cette personne se confond avec celle de la première ' et que le contexte ne suffît pas à assurer le sens, souvent même aussi quand le sens serait assuré par le contexte ; l'expression du sujet est à peu près de règle dans les interrogations et dans les incidentes du type dtt-il, ex. Mussidan cd vous vai-t-éu ? « cela vous va-t-il ? » dhio-hclo « disait-elle », dissèron-î-i « dirent-ils » *.

1. Pour le pi. cette confusion se produit à peu près à tous les temps et modes dans la plupart des parlers du Périgord et du haut Limousin, ex. pàrlen «.nous parlons » et « ils, elles parlent » (la forme de la i. est empruntée à la 3., la confusion apparaît dès le xv« siècle au moins dans les textes de Limoges). Pour le sing. les faits sont plus compliqués; je me borne à donner ici les formes ambiguës de Mussidan : prés. subj. parle, hâte, ténie, parte, unisse et unisse; impf. ind. parlavo, hàtio, ténio, pàrtio, unïssio [iini^ç]:, impf. subj. parlasse et -^550, batèsse et -hso, tenguèsse et -èsso, partisse et -isso, unisse et -isso ; cond . parlario, batrio, tcndrià, partirio, unirià. Les ex. unis par « et » signifient que les finales -€ et ~o sont employées concurremment aussi bien à la 3. p. qu'à la I.

2. Mais point de -/- p. ex. dans z-hou disscron à qui vouguè z'entendre « ils, elles le dirent à qui voulut l'entendre », dïsio au mèitre (-0 élidé devant au) « disait au maître i),fague' no pauso (aphérèse de ude uno après -è de fagtiè) « fit une pause ». Le -/ des oxytons sunt, *ant (hahent), stant semble s'être conservé sans interruption dans certaines conditions de phonétique syntactique stfr lesquelles Boke ne nous renseigne pas, les formes son et sun, an, estan y apparaissant en toute position, sunt, ant, estant devant consonne ou à la pause (v. not. vers 21, 218, 77, 73, 76, 78). Il y aura eu ensuite normalisation réservant -/ pour les cas indiqués ici au texte, et extension de l'usage aux 5. p. pi. paroxytoniques. Au sing. normalisation parallèle : faguèt — fagu€

comme fagidron-t faguèron ; puis extension du -/- du prêt, aux

impf. en -io (primitivement oxytons), aux cond. en -rià et aux fut. en -rà (restés oxytons), et même à des prés, oxytons comme vai « va ». Cf. le maintien en liaison étroite des -/ (muets en toute autre

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