PRONOMS SUJETS
Martres-de-Veyre emploie fréquemment les pronoms sujets, spécialement dans l'interrogation ; à Vinzelles iéu [yœiv] ■< e(^g)o se réduit à iu [yïi] en proclise, ex. iu même « moi-même », iu te le dise (et sans pronom te le dise) « je te le dis » (Dauzat, p. 391).
§ 46. — M. Brusewitz a très justement fait observer (p. 4) qu'au xv^ siècle, et plus encore au xvi^, le pronom sujet inutile à l'expression est fréquemment employé par les écrivains provençaux :
« Il faut, je crois, attribuer cet état de choses à l'influence du français, où justement le pronom sujet commençait à cette époque à s'introduire de plus en plus pour devenir enfin la règle. Je crois pourtant avoir observé qu'au xvii^ siècle, plus encore qu'au xviii®, les auteurs se sont beaucoup plus soustraits à cette influence française. Cela semble aussi assez naturel. Quand l'emploi du pronom sujet fut » (par suite de refî"ritement des désinences verbales) « devenu en français absolument nécessaire, la différence entre les deux langues fut trop grande pour que les auteurs provençaux se livrassent à des imitations directes. Au contraire, les ressources de leur propre langue leur furent alors plus présentes à l'esprit, pour ainsi dire, et ils reprirent ainsi les vieilles traditions, influencés naturellement aussi par la langue parlée ».
Il faut ajouter que le vpr., pendant tout le moyen âge, employait assez fréquemment des pronoms sujets inutiles à l'expression . Les faits signalés par M. Brusewitz paraissent communs à tous nos parlers, ainsi Cortète (Agen,
position) de net dans net-e-jour « nuit et jour », de set, vint, cent « sept, vin^t, cent » devant ans, ouras « ans, heures », de tout devant voyelle initiale de mot suivant étroitement lié, et autres faits analogues cités par Chab., p. 113.