V. encore que Ihèu quaucu que l'embitère cité
§ 51. — Fondeville écrivait déjà dans la seconde moitié du xvii^ siècle (^Le calvinisme au Béarn, dans Bulletin de la Société des sciences, des lettres et des arts de Pau, 1878- 1879) :
lou proubèrbi
Que, quan cànten basas, que cànten las garies
« le proverbe . . . que, quand les coqs chantent, les poules chantent (aussi) ».
Cet exemple de Fondeville montre que la généralisation de que énonciatif doit être en Béarn, Landes, etc.. un fait assez ancien dans le langage courant. Mais les chartes et, jusqu'à l'époque contemporaine, la plupart des écrivains ne l'emploient que rarement, y voyant sans doute quelque chose de vulgaire. On le rencontre dans une charte de
J. RoNjAT. — £.«<« de syntaxe des parlers pnyvciiçaux modernes. 6
82 CHAi\ IV : II. \i-.KH»i hl Lh .SUJET §§ 51, 52
Maubourguct (1309), dans un dénombrement béarnais de 1385, rarement dans les Réciis (Thisioire sainte et dans les œuvres de Fondeville. Au xviii* siècle, l'abbé de Puyoo remploie assez régulièrement, Despourrin jamais; Grateloup le fait figurer dans tous les paradigmes de sa grammaire (Dax, 1734). Lacontre ne l'emploie pas, mais Navarrot l'emploie, ainsi que tous les écrivains contemporains sauf Filadelfo de Yerdo.
Que n'est pas autre chose que la conjonction que^ dont l'emploi pour renforcer une énonciation apparaît p. ex. dans fr. que non ! que si /, etc., tournures devant lesquelles on peut suppléer (;V suis) bien sûr ou toute autre formule de certitude. Cf. encore lat. quod si, prov. avans que de cité § 29, sèmpre mai, sêtnpre que mai et simplement que mai « toujours plus, de plus en plus », et les nombreux ex. de diverses langues romanes cités par Tobler, i, p. 57-66.
§ 52. — On vient de voir que employé devant indicatif (pour l'interrogation alternative, v. § 144). Le même que peut être employé devant subjonctif : on peut suppléer une formule de vœu ou d'ordre telle que « Dieu veuille » ou « je veux », etc.. Les faits sont ici d'ordre plus général, non limités, comme pour que -\- indicatif, à certains parlers. D'autre part, que se place ici en tête de toute la proposition, même en aq. (sujet -f- que + régime pronominal -j- indicatif, b. you que-t pàrli).
En français le subjonctif est toujours précédé de que, même quand il se distingue nettement de l'indicatif par la forme (ainsi on dit quil prenne, et non // prenne, malgré rind. prend), sauf dans quelques formules consacrées comme Dieu vous bénisse ! plût au ciel ! vienne le jour où ... , etc..
Beaucoup de nos parlers ont des formules figées sans