LES RÉGIMES
§ 56. — Les verbes transitifs et intransitifs correspondent en général à ceux du français ; cependant on emploie transitivement quelques verbes qui ont en prov. également, en fr. (du moins dans l'usage littéraire) exclusivement remploi intransitif, ex. intra « entrer », intro ti bèsti à restable « mets tes bêtes à l'étable » ; tourna « tourner, retourner, revenir, redevenir », toiirno-nie mi libre « retourne-moi, renvoie-moi mes livres » ; sembla « sembler », sèmblo soun paire « il ressemble à son père » ; toumba « tomber », totimbo ta vèsto « quitte, ôte ta veste » ; reveni « revenir, redevenir », reveni un mort « ressusciter un mort ». Faits analogues à peu près dans tous nos parlers ; v. p. ex. pour l'auv. Dauzat, p. 554. Vaugelas reprochait aux Gascons d'employer transitivement en français sortir, entrer, tomber.
Sauta lipost « sauter les planches (les barrières) » et courre Ji joio « courir les récompenses (les prix dans un concours) » sont des tournures également connues en français.
Le provençal affectionne les verbes réfléchis (cf. § 64), ex. se langui « languir, être en peine », s'acoucha « accoucher », se j aire « se coucher » < * jàc{e)re.
Se dinar « dîner » est fréquent dans l'ancienne langue et jusqu'à Boysset et au Ludus S, Jacobi (ex. dans Brusewitz,