‹ Essai de syntaxe des parlers provençaux modernesChapitre 38 sur 139 · CHAI. \ : LES RÉGIMES · texte numérisé non relu

CHAI. \ : LES RÉGIMES

toul. // couneissèts aljarou ? « connaissez- vous Jacou ? » (nom propre avec l'article, v. § 22), et déjà me demounto, à vu « il me démonte, moi » ou « moi, il me démonte » chez Gautier, rimeurde la fin du xvii' siècle (Noulet, t. i, p. 80 ss.).

Après un impératif, cet ordre serait naturellement modifié ainsi : verbe -f- premier régime (pronom) -}- à et second régime (pronoms après l'impér., § 67). Je n'ai pas rencontré d'ex, tel que toul.aimats-/^ pla, al vostre paire « aimez-le bien, votre père » ou « aimez bien votre père », mais voici un ex. lom. analogue :

Penjats-m>//.ç à tout s dus « pendez-nous tous deux » (Bladé, t. II, p. 190), où il s'agit non d'une répétition proprement dite, mais d'un complément précisant les personnes en question.

§ 58. — Ces tournures sont fréquentes en français dans la bouche des originaires des paj^s indiqués ici. M. Grammont me dit qu'à Montpellier on entend souvent tu maitues à fuoiy mais je n'ai pas entendu dans la conversation ou relevé chez les écrivains de Montpellier l'équivalent de cette tournure dans le parler local. Déjà Molière fait dire à Scapin contrefaisant un Gascon : « Comment, tu mi traites, à moi, avec cette hautur ! » (Fourberies de Scapin, a. m, se. 11), et plus anciennement on trouve des tournures analogues chez Montaigne, né en Périgord, mais habitant Bordeaux, où il les avait puisées dans Tidiome local ', et chez Montluc, ex. il le surprendra à lui-même ; lequel nous trouva, à monsieur de Salcède et à moi *.

1. Montaigne (v. ses Essais au livre 11, chap. 17) méprisait le périgourdin et le savait assez mal, mais estimait l'aquitain qu'il avait appris à Bordeaux et dans ses terres du S.-O. de la Gascogne.

2. Montluc, cité par Lanusse (p. 415, 416), qui a le tort de mettre

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