TRAITS PROVENÇAUX COMMUNS I
lières comme les discussions d'affaires. On a le sentiment très net d'une langue commune, prononcée un peu différemment; le contexte fait saisir les sons, les formes, les tournures et les vocables qui embarrasseraient s'ils étaient isolés; tout au plus a-t-on quelquefois ci répéter ou à expliquer un mot, ou à changer la tournure d'une phrase pour être mieux compris.
L'écriture grossit les différences dialectales en représentant des sons voisins par des signes dissemblables, comme / (implosive), r (intervocalique), h, /?, Ih correspondant dialectalement à u, l, v, /, i\ Néanmoins l'unité fondamentale apparaît assez nettement pour que même des recueils essentiellement populaires comme VAlmanac patoues de rAriejo publient côte à côte, pour les mêmes lecteurs; des morceaux écrits dans des parlers assez éloignés par leur nature, quoique voisins par le lieu. En lisant ou débitant à haute voix, les gens de culture peu étendue transposent généralement dans leur dialecte propre les sons et les formes du dialecte dans lequel le morceau lu ou débité est écrit (cf. Tourtoulon, Dialectes, p. 26).
Pour constater ce fait à' intercompréhension il suffit de posséder pratiquement à fond un parler provençal quelconque. On peut se l'expliquer en considérant les traits suivants, qui caractérisent d'une manière générale l'ensemble des parlers provençaux :
1. Absence ou tout au moins rareté des voyelles fermées [a, 0, ce\.